Pâques 2008 - Liturgie des Rameaux

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Psaume responsorial

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Homélie

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Liturgie des Rameaux

Pâques 2008

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Homélie

La Semaine Sainte s’ouvre par le souvenir de l’entrée à Jérusalem. Le voyage de Jésus, commencé en Galilée, est sur le point de s’achever. La dernière étape, nous dit l’Évangile de Matthieu, est Bethphagé, vers le mont des Oliviers. Jésus s’arrête et envoie deux de ses disciples lui procurer une monture. Il veut entrer à Jérusalem comme il ne l’a jamais fait auparavant. Le Messie, qui jusqu’alors est resté caché, prend possession de la ville sainte et du temple, en révélant ainsi sa mission de véritable nouveau berger d’Israël, même si cela – et il le sait parfaitement – le conduira à la mort. Il n’entre pas sur un char comme le chef d’une armée de libération, bien qu’il utilise la monture des souverains de l’antiquité : un poulain (Gn 49,11). L’âne jeune ne signifie pas pauvreté ou manque de dignité; au contraire. Jésus savait ce qui est écrit dans le livre du prophète Zacharie : « Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici ton roi qui vient vers toi : il est juste et victorieux, humble et monté sur un âne, un âne tout jeune » (9,9).

Jésus entre dans Jérusalem comme un roi. Les gens semblent le pressentir et ils se mettent à étendre leurs manteaux le long de la route comme cela était la coutume en Orient au passage du souverain. Même les rameaux d’olivier, cueillis dans les champs et parsemés le long du parcours de Jésus, forment un tapis. Le cri « Hosanna » (en hébreu, cela signifie « aide donc ») exprime le besoin de salut et d’aide que les gens éprouvaient. Le Sauveur arrivait enfin. Jésus entre dans Jérusalem, et dans nos villes actuelles, comme celui qui seul peut nous faire sortir de l’esclavage pour nous faire participer à une vie plus humaine et solidaire. Son visage n’est pas celui d’un homme puissant ou fort, mais d’un homme doux et humble. Six jours suffisent à tout éclairer, le visage de Jésus sera celui d’un homme crucifié, d’un vaincu. C’est le paradoxe du Dimanche des Rameaux qui nous fait vivre à la fois le triomphe et la passion de Jésus. La liturgie, en effet, avec le récit de l’Évangile de la Passion après celui de l’entrée dans Jérusalem, semble vouloir abréger le temps et montrer immédiatement le vrai visage de ce roi. La seule couronne qui sera posée sur sa tête dans les prochaines heures est la couronne d’épines, le sceptre est une canne et l’uniforme est un manteau écarlate sans valeur. Comme les paroles de Paul sont vraies : « lui qui était dans la condition de Dieu, il n’a pas jugé bon de revendiquer son droit, d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur » (Ph 2,6-7).

Ces rameaux d’olivier qui aujourd’hui sont le signe de la fête, dans quelques jours, dans le jardin où il se retirait pour la prière, le verront suer des gouttes de sang à cause de l’angoisse de la mort. Jésus ne fuit pas, il prend sa croix et avec elle, il arrive jusqu’au Golgotha, où il est crucifié. Cette mort qui aux yeux de la plupart apparut comme une défaite, en réalité, fut une victoire : c’était la conclusion logique d’une vie vécue pour le Seigneur. Il est vrai que seul Dieu pouvait vivre et mourir de cette façon, c’est-à-dire en s’oubliant lui-même pour se donner totalement aux autres. Une belle tradition veut que chacun porte chez lui le rameau d’olivier béni après avoir chanté avec les enfants des Juifs: « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ». C’est le souvenir du jour de l’entrée de Jésus à Jérusalem. Ce rameau est le signe de la paix. Mais il doit aussi nous rappeler que Jésus a besoin de notre compagnie. C’est justement sous ces oliviers séculaires dans le jardin de Gethsémani, que Jésus, pris par l’angoisse de la mort, a voulu que les siens restent à ses côtés. Et comme ces paroles qu’il adresse à Pierre sont amères : « Ainsi, vous n’avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ? » (Mt 26,40) ! Que le rameau d’olivier soit le signe de notre engagement à rester aux côtés du Seigneur en ces jours plus particulièrement. C’est une belle façon de consoler un homme qui va mourir pour tous.