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La Comunità di Sant'Egidio e la pace |
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Côte d’Ivoire |
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04/03/2007 PREAMBULE A l’invitation de Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso, en sa qualité de Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), agissant sur mandat exprès de celle-ci, deux délégations de la République de Côte d’Ivoire, l’une représentant le Président de la République et l’autre les Forces Nouvelles, se sont rencontrées à Ouagadougou du 05 février au 03 mars 2007. Cette rencontre fait suite à l’annonce, le 19 décembre 2006, du plan de sortie de crise du Président Laurent GBAGBO qui a saisi, le 23 janvier 2007, le Président en exercice de la CEDEAO pour faciliter le dialogue direct entre les ex-belligérants du conflit armé en Côte d’Ivoire. Le Président Blaise COMPAORE, après avoir consulté le Secrétaire Général des Forces Nouvelles, Monsieur Guillaume SORO, les différents acteurs de la scène politique ivoirienne, ainsi que le Premier Ministre, Monsieur Charles Konan BANNY, y a marqué son accord et a préconisé que ce dialogue direct s’inscrive dans le cadre de la résolution 1721 (2006) adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies le 1er novembre 2006. Au cours de leurs échanges, la Délégation de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire, conduite par Monsieur Désiré TAGRO, Conseiller Spécial du Président Laurent GBAGBO, Porteparole de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire, et la Délégation des Forces Nouvelles, conduite par Monsieur Louis-André DACOURY- TABLEY, Secrétaire Général Adjoint des Forces Nouvelles et Ministre de la Solidarité et des Victimes de guerre, profondément attachées à une sortie heureuse de la crise en Côte d’Ivoire, ont procédé à une analyse de la situation intérieure. Elles ont souligné l’impérieuse nécessité de construire la paix et la stabilité ; de lutter contre l’insécurité grandissante, le chômage et la pauvreté ; de restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national et de garantir la libre circulation des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire national. En raison de la responsabilité particulière qu’elles ont dans la conduite du processus de sortie de crise, les deux Parties au conflit armé en Côte d’Ivoire ont reconnu l’impérieuse nécessité de se mettre ensemble pour consolider la paix, promouvoir une véritable réconciliation nationale et parvenir à une normalisation politique et institutionnelle, à travers un dialogue permanent et une confiance mutuelle. Après avoir identifié les problèmes rencontrés dans la mise en oeuvre des Accords de Linas-Marcoussis, d’Accra et de Pretoria, ainsi que des Résolutions de l’ONU sur la Côte d’Ivoire, les Parties, en vue d’arrêter des décisions, ont réaffirmé
Pour faciliter la mise en oeuvre des Accords et des résolutions ci-dessus visés, notamment la Résolution 1721 (2006), les Parties ont arrêté les décisions suivantes : I. DE L’IDENTIFICATION GENERALE DES POPULATIONS Les Parties signataires du présent Accord ont reconnu que l’identification des populations ivoiriennes et étrangères vivant en Côte d’Ivoire constitue une préoccupation majeure. Le défaut d’une identification claire et cohérente, de même que l’absence de pièces administratives uniques attestant l’identité et la nationalité des individus constituent une source de conflits. Elles ont, en conséquence, décidé de mettre fin à cette situation par les mesures suivantes : 1.1. La relance des audiences foraines d’établissement de jugements supplétifs d’actes de naissance
1.2. La reconstitution des registres de naissance perdus ou détruits Parallèlement aux audiences foraines d’établissement de jugements supplétifs d’actes de naissance, les registres d’état civil perdus ou détruits dans certains centres d’état civil seront reconstitués conformément aux dispositions de l’Ordonnance du 17 janvier 2007 et de son Décret d’application qui devra être pris dans les meilleurs délais. 1.3. L’organisation d’une opération d’établissement de nouveaux titres d’identité (cartes nationales d’identité et titres de séjour) Les Parties s’engagent à organiser une opération exceptionnelle d’établissement de nouveaux titres d’identité selon les modalités ci-après. 1.3.1. Identification ordinaire
1.3.2. Identification sur la base de la nouvelle liste électorale
1.3.3. Normes sur les nouveaux titres d’identité
II. DU PROCESSUS ELECTORAL Soucieuses de parvenir, dans les meilleurs délais, à une paix durable et à une normalisation politique et institutionnelle en Côte d’Ivoire, les Parties au Dialogue Direct réaffirment leur engagement à préparer, à l’issue de l’opération d’identification, des élections présidentielles ouvertes, démocratiques et transparentes, conformément aux accords de Linas-Marcoussis, d’Accra et de Pretoria. A cette fin, elles décident ce qui suit : 2.1. L’inscription sur la liste électorale
2.2. La publication de la liste électorale définitive
2.3. L’établissement et la distribution des cartes électorales
2.4. Collaboration entre les structures intervenant dans le processus électoral
III. DES FORCES DE DEFENSE ET DE SECURITE DE CÔTE D’IVOIRE Les Parties au présent Accord, conscientes que l’Armée nationale doit être le reflet de l’unité et de la cohésion nationales et la garante de la stabilité des institutions républicaines, se sont engagées à procéder à la restructuration et à la refondation des deux armées en vue de la mise en place de nouvelles forces de défense et de sécurité attachées aux valeurs d’intégrité et de moralité républicaine. 3.1. La mise en place d’un Centre de commandement intégré (CCI)
3.2. Du Programme National de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion
3.3. Le Service civique
IV. DE LA RESTAURATION DE L’AUTORITE DE L’ETAT ET DU REDEPLOIEMENT DE L’ADMINISTRATION SUR L’ENSEMBLE DU TERRITOIRE NATIONAL 4.1. Fermement déterminées à parvenir à la normalisation politique et institutionnelle en Côte d’Ivoire, les Parties au présent Accord s’engagent à restaurer l’autorité de l’Etat et à redéployer l’administration et tous les services publics sur l’ensemble du territoire national. 4.2. Le redéploiement de l’administration et des services publics se fera par l’ensemble des ministères concernés, sous l’autorité du Premier Ministre, dès la suppression de la zone de confiance et l’établissement des postes d’observation. Le redéploiement de l’administration concernera l’ensemble des services publics, y compris les services sociaux de base, notamment ceux de l’éducation, de la santé, de l’eau et de l’assainissement. 4.3. La désignation des responsables des principaux services administratifs se fera après concertation entre les deux Parties. 4.4. Les Forces de Police et de Gendarmerie, comprenant les 600 éléments issus de l’Accord de Pretoria, seront chargées d’assurer la sécurité de l’ensemble du corps préfectoral et des services techniques déployés. V. DU CADRE INSTITUTIONNEL D’EXECUTION 5.1. Les deux (02) Parties au Dialogue Direct exerçant un contrôle effectif, administratif et militaire, de part et d’autre de la zone de confiance, conscientes de leurs hautes responsabilités dans le fonctionnement de l’Etat et déterminées à parvenir à une normalisation politique et institutionnelle fondée sur la gestion concertée du pouvoir politique et la réconciliation nationale, décident de mettre en place un nouveau cadre institutionnel d’exécution. 5.2. Le Gouvernement de transition travaillera dans un esprit de concertation permanente, de complémentarité et d’ouverture aux autres forces politiques de Côte d’Ivoire pour aboutir à la réunification de la Côte d’Ivoire, au désarmement et à l’organisation d’élections ouvertes, transparentes et démocratiques, tels que prévus dans les différents accords et résolutions relatifs à la sortie de crise. VI. MESURES VISANT A CONSOLIDER LA RECONClLIATION NATIONALE, LA PAIX, LA SECURITE ET LA LIBRE CIRCULATION DES PERSONNES ET DES BIENS Afin de consolider la paix, la réconciliation nationale et la libre circulation des personnes et des biens, les Parties au Dialogue direct conviennent des mesures ci-après : 6.1. De l’embargo sur l’importation des armes
6.2. De la zone de confiance
6.3. De la loi d’amnistie Afin de faciliter le pardon et la réconciliation nationale et de restaurer la cohésion sociale et la solidarité entre les Ivoiriens, les deux Parties au Dialogue direct conviennent d’étendre la portée de la loi d’amnistie adoptée en 2003. A cet effet, elles ont décidé d’adopter, par voie d’ordonnance, une nouvelle loi d’amnistie couvrant les crimes et délits relatifs aux atteintes à la sûreté de l’Etat liés aux troubles qui ont secoué la Côte d’Ivoire et commis entre le 17 septembre 2000 et la date d’entrée en vigueur du présent Accord, à l’exclusion des crimes économiques, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. 6.4. Des sanctions Les Parties au présent Accord conviennent de saisir l’Union Africaine, par l’intermédiaire de la CEDEAO, pour demander au Conseil de Sécurité des Nations Unies la levée immédiate des sanctions individuelles frappant les acteurs de la crise ivoirienne. 6.5. Du Programme d’aide au retour des déplacés de la guerre Dans la perspective de la réconciliation nationale et de la normalisation politique et institutionnelle, les Parties au Dialogue direct conviennent de mettre en place, dans les meilleurs délais, un Programme d’aide au retour des déplacés de la guerre. Ce Programme vise à assurer la réinsertion sociale des personnes et des familles qui ont abandonné leur domicile ou leurs biens du fait de la guerre. Les deux (02) Parties conviennent de donner au Ministère technique concerné les moyens de mise en oeuvre de ce Programme. 6.6. Du Code de bonne conduite En raison de l’impérieuse nécessité d’apaiser et de moraliser la vie publique, d’instaurer un nouvel environnement politique en Côte d’Ivoire et d’éviter toute interprétation partisane et démagogique du présent Accord, les Parties s’engagent à observer un code de bonne conduite.
VII. DES MECANISMES DE SUIVI ET DE CONCERTATION Aux fins du suivi du présent Accord et de la poursuite du Dialogue direct, les Parties conviennent de créer un Cadre permanent de concertation (CPC) et un Comité d’évaluation et d’accompagnement (CEA). 7.1. Le Cadre permanent de concertation (CPC) Le Cadre permanent de concertation est un organe de veille et de Dialogue permanent dans le but de renforcer la cohésion nationale. Il est composé ainsi qu’il suit :
Hormis le Président Laurent GBAGBO et le Président en exercice de la CEDEAO, les autres membres du CPC ont rang de Président d’institution. Le CPC est compétent pour examiner toute question relative au présent Accord. 7.2. Le Comité d’évaluation et d’accompagnement (CEA) Le Comité d’évaluation et d’accompagnement est chargé de l’évaluation périodique de la mise en oeuvre des mesures prévues dans le présent Accord. Il est également chargé de suggérer toutes dispositions pratiques et nécessaires à la bonne exécution du présent Accord. Il est composé ainsi qu’il suit :
Les deux Parties conviendront, d’un commun accord, de l’élargissement du CEA à d’autres membres de la classe politique ivoirienne. En outre, le Facilitateur fera appel à tout autre observateur, représentant de pays et d’organisations internationales ou interafricaine qu’il jugera nécessaire. Le CEA est présidé par le Facilitateur ou son représentant. Il se réunit au moins une fois par mois en session ordinaire et, en tant que de besoin, en session extraordinaire, sur convocation de son Président. Aux fins de l’exécution de sa mission, le CEA rendra compte au CPC de la mise en oeuvre de l’Accord et en informera le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies. VIII. DISPOSITIONS DIVERSES ET FINALES 8.1. Les Parties s’engagent à s’en remettre à l’arbitrage du Facilitateur en cas de litige sur l’interprétation ou la mise en oeuvre du présent Accord. 8.2. Les Parties conviennent de demander des troupes militaires africaines supplémentaires pour participer à la mission de paix des Forces impartiales en Côte d’Ivoire. 8.3. Le chronogramme joint au présent Accord en fait partie intégrante. Les Parties conviennent d’exécuter les opérations convenues conformément à ce chronogramme. 8.4. Le présent Accord entre en vigueur dès sa signature par les Parties. Les Parties conviennen de demander au Facilitateur, en sa qualité de Président en exercice de la CEDEAO, de saisir, par le biais de l’Union Africaine, le Conseil de Sécurité des Nations Unies aux fins d’entériner le présent Accord.
Fait à Ouagadougou, le 04 mars 2007 Laurent GBAGBO Président de la République de Côte d’Ivoire Guillaume Kigbafori SORO Secrétaire général des Forces nouvelles de la République de Côte Blaise COMPAORE Président du Burkina Faso, Président en exercice de la CEDEAO, Facilitateur Sidwaya
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