Comunità di S.Egidio


 

16/02/2006


Hop! L’associatif flamand se réveille.
Cinq mille manifestants à Anvers pour des critères plus humains de régularisation des sans-papiers.

 

Manifester pour obtenir la régularisation des sans-papiers, ce n’est pas fréquent en Flandre. Pourtant, le comité HOP (Hoop op papieren) a réussi à mobiliser les syndicats, plusieurs organisations et des écoles pour défiler à Anvers ce mercredi pour demander une « amnistie humaine pour les sans-papiers ». Près de cinq mille personnes ont parcouru le centre historique de la ville. Des Anversois surtout, ce qui n’est pas anodin dans une ville gangrenée par le Vlaams Belang. Une délégation a été reçue par le bourgmestre, Patrick Janssens (SP.A).

L’initiative est née de la communauté Sant’Egidio, une organisation catholique très présente sur le terrain social. Celle-ci ne milite pas pour une nouvelle opération de régularisation, mais pour l’octroi de papiers à tous ceux qui sont engagés dans la procédure d’asile depuis trois ans et ceux qui font preuve d’une intégration manifeste (notamment par la connaissance du néerlandais et la scolarisation des enfants). La pétition sur leur site internet a recueilli en peu de temps plus de 3.800 signatures.

Le mouvement a reçu la bénédiction de l’évêque d’Anvers, Mgr Van den Berghe et du cardinal Daneels. Le premier a participé à la manifestation et avait appelé les écoles libres à faire de même. Cela a suffi pour délier les langues au CD&V. Le parti assure – et c’est une surprise au vu de ses interventions au Parlement – qu’il est demandeur d’une régularisation automatique pour les demandeurs d’asile en attente d’une réponse depuis trois ans. Il se dit « compréhensif » quant à l’aide humanitaire aux sans-papiers. Toutefois, le CD&V a averti qu’il ne participerait pas à la manifestation. Il la perçoit seulement comme une « action bien intentionnée qui veut donner un signal » au politique. Dans les autres partis, SP.A, VLD, c’est motus et bouche cousue. Cela n’a toutefois pas empêché des élus SP.A de manifester avec Groen, le parti vert étant totalement acquis à la cause de Hop.

Le soutien politique est donc plutôt faiblard. Mais la mobilisation du monde associatif et syndical flamand en faveur d’une politique d’asile plus humaine est en soi un fait important après des années d’attentisme.

Martine Vandemeulebroecke