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Le gouvernement ougandais et l’Armée de Résistance du Seigneur (Lord’s Resistance Army) ont conclu un accord historique pour mettre fin aux hostilités. Le texte a été signé hier, 26 août, à Juba, au Sud Soudan.
Depuis près de vingt ans, un conflit armé ensanglantait le Nord de l’Ouganda, faisant plus de 100.000 victimes civiles et 1,7 millions de déplacés contraints à se réfugier dans des camps. L’accord signé hier est le fruit d’intenses négociations menées par le gouvernement du Sud Soudan (GoSS) avec l’aide des négociateurs de la Communauté de Sant’Egidio et de Pax Christi.
L’accord prévoit entre autres:
Le regroupement dans deux régions des forces armées de la LRA/M;
le "monitoring" du regroupement par l’armée du Sud Soudan;
la mise sur pied d’une commission commune qui contrôlera la fin des hostilités et qui en informera les négociateurs;
de l’aide humanitaire pour les populations civiles des zones touchées par le conflit.
«C’est la première fois que nous voyons la lumière au bout du tunnel» a précisé Mario Giro, qui a participé aux négociations pour Sant’Egidio. «Pendant de longues années, il n’était pas évident de savoir qui était la LRA. On ne savait rien de plus que le fait qu’ils étaient une organisation sectaire, basée sur un mélange d’aspects mystiques et tribaux» Le prix des vingt ans de guerre fut très élevé, notamment pour les enfants. «La LRA était surtout constituée d’enfants soldats. Plus de 25.000 enfants ont été enlevés et formés. Il y a eu aussi la situation tragique des «night’s commuters», ces enfants qui devaient fuir leur maison chaque soir pour ne pas être enlevés.»
La Communauté de Sant’Egidio, qui a joué un rôle actif dans les négociations, comme dans d’autres conflits africains (Mozambique, Burundi, Côte d’Ivoire, Togo,…) travaillait depuis 10 ans sur ce dossier. «Nous avons été impliqué lorsqu’une soeur italienne nous demanda de l’aide en 1996 pour tenter de libérer les jeunes filles Aboké du Collège Saint Mary de Gulu qui avaient été enlevées, ce que nous avons pu réaliser en partie». Les tentatives précédentes pour parvenir à un accord avaient échoué parce» qu’elles furent menées en Ouganda, sans la présence d’un tierce partie neutre.
«Ce fut cette fois-ci une réussite grâce à l’engagement du gouvernement du Sud Soudan. L’accord de paix au Soudan avait isolé l’Armée de Résistance du Seigneur. Les inculpations de leaders de la LRA devant la Cour Pénale Internationale de La Haye ont sans doute poussé la LRA vers les négociations», précise Mario Giro.
Le problème est à présent de trouver un règlement interne qui permette la réconciliation et l’amnistie et qu’un accord soit trouvé avec la Cour Pénale Internationale», ajoute M.Giro.
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