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George W. Bush rencontrera samedi à Rome la communauté catholique Sant'Egidio, surnommée "la petite ONU du Trastevere" (un quartier de Rome) en raison de ses missions de médiation dans les conflits, et qui compte parler de l'Afrique et du sida avec le président américain.
Pour des raisons de sécurité, la rencontre n'aura pas lieu au siège de l'association dans le quartier populaire du Trastevere, comme initialement prévu, mais à l'ambassade américaine.
Le rendez-vous, situé entre la visite de M. Bush au président italien Giorgio Napolitano et sa rencontre avec le pape, a été inscrit au programme "à la demande de l'administration américaine", a indiqué à l'AFP un porte-parole de Sant'Egidio, Paolo Ciani.
Selon lui, le président Bush est intéressé par "l'approche globale" du programme de lutte contre le sida lancé en 2002 par Sant'Egidio en Afrique et baptisé DREAM (drug resource enhancement against Aids and malnutrition), qui prend déjà en charge 35.000 malades en leur donnant notamment des médicaments génériques.
"Le sida rassemble tous les éléments de la disparité entre le nord et le sud de la planète", souligne le porte-parole. "Nous comptons parler aussi de notre engagement pour remettre l'Afrique au centre des préoccupations des pays riches", ajoute-t-il.
En revanche la campagne de Sant'Egidio contre la peine de mort, ou encore ses missions de médiation passées ou en cours sur différents points chauds de la planète "ne seront pas au centre de l'entretien" avec le président américain, même si rien n'est exclu à priori, selon Paolo Ciani.
Cette communauté fondée en 1968 par des étudiants catholiques autour d'Andrea Riccardi est devenue au fil des années une experte en négociations de paix et un des canaux de la "diplomatie de l'ombre" du Vatican.
Elle a joué un rôle moteur dans la conclusion en 1992 d'un accord de paix au Mozambique mettant fin à 16 ans de guerre civile et a oeuvré, avec une réussite inégale, aux quatre coins du monde: Liban, Algérie, Burundi, Guatemala, Balkans et plus récemment Togo, Côte d'Ivoire, Liberia, Darfour, République démocratique du Congo...
Son initiative la plus controversée a été en janvier 1995 la "plateforme" de Rome sur l'Algérie réunissant autour de la même table islamistes et certaines franges des "éradicateurs" opposés à tout compromis avec ces derniers. La plateforme a fait long feu.
Mais la mission première de la communauté reste son engagement auprès des pauvres et des exclus.
A Rome, elle sert des repas aux pauvres, travaille à l'alphabétisation et l'intégration des immigrés ou des marginaux et anime la paroisse de l'église Santa Maria in Trastevere. La visite que devait effectuer le président américain dans cette église du 12ème siècle située à quelques dizaines de mètres du siège de Sant'Egidio a elle aussi été annulée.
En Afrique, en Amérique latine, en Asie, plus de 30.000 volontaires travaillent auprès des pauvres et des malades du sida.
Sant'Egidio est également à l'origine des rencontres interreligieuses internationales. Elle a obtenu en 1999 le prix Félix Houphouet-Boigny pour la recherche de la paix de l'UNESCO.
La rencontre de samedi sera la première avec un président américain, mais l'ancienne secrétaire d'Etat Madeleine Albright s'était rendue au siège du Trastevere, et des représentants de Sant'Egidio ont rencontré Colin Powell.
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