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| Le Matin |
29/11/2007 |
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Pourquoi avez-vous été condamné à mort en 1997? On m'a accusé d'avoir tué deux personnes, dont le fils d'un shérif. Mon ex-femme, avec qui j'étais en procédure de divorce, a raconté que j'étais l'auteur du crime. La justice s'est basée uniquement sur la transcription d'un enregistrement inaudible écrite par le père de la victime, dans lequel j'aurais avoué. 13 détenus, en échange d'une réduction de peine, ont aussi affirmé que je m'étais confié à eux. Comment s'est déroulée votre détention? J'étais à la prison de Raiford. Dans chaque couloir de la mort il y a 13 cellules avec des barreaux. On ne voit pas les autres détenus, mais on peut se parler. Tous les mercredis à midi, ils faisaient un test avec la chaise électrique. On le savait car l'intensité de la lumière baissait. C'est comme ça aussi que les autres jours on apprenait que l'un de nos compagnons venait d'être exécuté. Il y a eu un second procès... Oui. Grâce à la ténacité de mes parents et à la mobilisation de l'Espagne et de l'Europe, de bons avocats ont examiné mon cas. Mon ex-femme et les anciens détenus ont reconnu avoir menti. J'ai été libéré. Ce qui est incroyable dans cette affaire, c'est qu'avant j'étais pour la peine de mort. Mais elle ne sert à rien. Des innocents sont condamnés et les crimes ne diminuent pas. «Réalité du couloir de la mort aux Etats-Unis», ce soir à 20 h 30 à la Maison des arts du Grütli à Genève
Nicolas Merckling
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