Comunità di S.Egidio


 

La Nouvlle Revele

02/12/2007


Kigali : les jeunes universitaires de la Communauté de Sant’Egidio ont célébré la journée pour la vie

 

La communauté de Sant’Egidio au Rwanda a organisé une conférence en date du 30 novembre 2007 à Kigali, dans le cadre de la célébration de la journée internationale pour la vie célébrée chaque année le 30 novembre. Le thème de cette conférence était « l’abolition de la peine de mort, un pas vers la civilisation et le respect de la vie humaine ».

Euthalie Nyirabega, professeur à l’Université Nationale du Rwanda, membre de la communauté de Sant’Egidio, a fait savoir à La Nouvelle Relève que cette année, la conférence avait une particularité de reconnaissance de l’abolition de la peine de mort au Rwanda et de reconnaissance d’un pas décisif vers l’abolition universelle de la peine capitale. « Nous nous félicitons de la résolution votée en novembre par la troisième Commission de l’Assemblée générale des Nations Unies appelant à un moratoire sur les exécutions » a dit Mme Nyirabega. La résolution intitulée «Moratoire sur la peine de mort » a reçu le soutien de 99 gouvernements, tandis que 52 ont voté contre et que 33 se sont abstenus.

Lors de cette conférence, l’Abbé Antoine Kambanda, Recteur du Grand Séminaire de Nyakibanda a souligné que l’application de la peine de mort porte atteinte à la dignité humaine. Il a expliqué que les arguments contre la peine capitale deviennent de plus en plus convainquants. La peine de mort contribue au renforcement et à l’élargissement progressif des droits de l’homme ; il n’y a pas de preuve irréfutable que la peine de mort a un effet dissuasif et que toute erreur judiciaire dans l’application de la peine de mort est irréversible et irréparable. Il garde l’espoir qu’avec l’évolution de la conscience des droits de l’homme, l’Etat va remplir son devoir de neutraliser le danger du criminel pour la vie des autres .

Eugène Rusaganwa, chargé des droits de la personne au ministère de la justice quant à lui, a expliqué que la mesure de l’abolition de la peine de mort est accompagnée par d’autres principes comme celui de démocratie, de bonne gouvernance. « En éduquant aux personnes d’être plus responsables, plus participatives, cela diminuerait les crimes. La police communautaire, le contrôle social contribueraient à la diminution des crimes » a expliqué Eugène Rusaganwa. C’est dans cet optique que la communauté de Sant’Egidio invite les gens de plusieurs catégories, pour échanger des idées dans le but de promouvoir la préférence pour la vie.

Cette organisation a une mission d’inculquer surtout aux jeunes universitaires ce sens de préférence pour la vie.Au côté de nombres acteurs à l’échelle nationale, régionale, et internationale, la coalition mondiale dont la communauté de Sant’Egidio fait partie, s’est fortement mobilisée ces derniers mois en faveur de l’adoption de la résolution contre la peine de mort afin de sauver des vies et de permettre aux populations des Etats rétentionistes de constater que la suppression de la peine capitale n’entraîne pas la hausse de la criminalité dans leurs pays.

En 1977, seuls 16 pays avaient aboli la peine capitale ; ils sont aujourd’hui 90.

Malgré cette amélioration et les espoirs, la situation reste préoccupante. Les exécutions se poursuivent .Selon Amnesty international, le chiffre annuel réel des exécutions se situe entre 8.000 et 10.000.

La communauté de Sant’Egidio qui fait partie de la coalition mondiale contre la peine de mort est une organisation catholique née en 1968 à Rome. Aujourd’hui, un mouvement de laïcs auquel participent plus de 50.000 personnes, investies dans l’évangélisation et dans la charité à Rome, en Italie et dans plus de 70 pays des divers continents. Au Rwanda, plus de mille personnes sont membres de la communauté de Sant’Egidio .Cette organisation est active sur le plan social et sur le plan diplomatique. Elle agit à la fois au plan local, national et transnational. Elle est reconnue pour sa lutte contre le SIDA. Cette organisation intervient aussi dans le domaine du règlement de différends.