Riccardi Andrea: sur le web

Riccardi Andrea: sur les réseaux sociaux

Riccardi Andrea: revue de presse

change language
vous êtes dans: home - news contactsnewsletterlink

  
7 Mai 2013 | RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Les enfants « sorciers » de Kinshasa.

L’histoire d’Angela du centre DREAM de la Communauté de Sant’Egidio

 
version imprimable

06/05/2013

Les enfants « sorciers » de Kinshasa.

L’histoire d’Angela du centre DREAM de la Communauté de Sant’Egidio

Les « enfants sorciers » sont au nombre d’au moins 30 000, ces mineurs maudits de la mégapole congolaise. Le clan les éloigne car il les considère comme la cause de catastrophes familiales. Des victimes de la pauvreté et de la superstition.

De l’Eco di Bergamo du 6 mai 2013. Par l’envoyée spéciale Elena Catalfamo à Kinshasa (République démocratique du Congo)

Angela (il s’agit d’un nom d’emprunt) a 8 ans et est séropositive. Mais ce n’est pas pour cela que son clan la considère comme une enfant maudite. Sa « faute » la plus grave est qu’elle se porte bien et qu’elle a survécu à ses parents, morts à six mois de distance l’un de l’autre, fauchés par le SIDA. Les cheveux noués en petites tresses, une robe d’un vert voyant, Angela est chez elle au centre DREAM de la Communauté de Sant’Egidio situé à la périphérie de Kinshasa. Les médecins et les infirmiers du programme créé pour soigner le SIDA avec les médicaments antirétroviraux dans une dizaine de pays africains l’embrassent et la considèrent désormais comme leur fille adoptive. Elle vit depuis deux ans avec eux et avec les religieuses diocésaines congolaises voisines, depuis le jour où le centre DREAM a été créé dans cette mégapole de 12 millions d’habitants de la République démocratique du Congo.

Angela fait en effet partie de cette cohorte de quelque 30 000 « enfants sorciers » (mais certaines estimations en recensent plus du double), qui peuplent les périphéries de la capitale. Ce sont des enfants considérés comme maudits et de ce fait éloignés de chez eux : c’est sur eux que le clan fait retomber la faute d’une catastrophe qui a frappé la famille. Les parents d’Angela sont morts à six mois de distance l’un de l’autre, quelques mois après la naissance de l’enfant : ils avaient très probablement contracté tous les deux le SIDA et, privés d’accès à des soins adaptés, sont morts à cause de ce virus qui touche au moins 3 % de la population congolaise.

La malédiction d’Angela consiste dans le fait de leur avoir survécu, quasiment de leur avoir extirpé la vie pour sauver la sienne. « Nous avions ouvert depuis peu le centre DREAM à Kinshasa, raconte Stefano Capparucci, qui supervise le centre DREAM de la Communauté de Sant’Egidio au Congo, quand, un matin, Angela est arrivée, en fin de vie, accompagnée de sa sœur aînée, âgée d’une quinzaine d’années. Le test VIH s’est avéré positif. Angela et sa famille n’avaient pas d’argent pour apporter la contribution minimum exigée pour la transfusion : ils nous ont raconté qu’ils avaient perdu la mère de la fillette depuis quelques jours et qu’ils cherchaient à organiser une collecte pour lui donner une sépulture. Six mois auparavant, ils avaient perdu le père de la fillette. Tous deux étaient morts pour des raisons inconnues. Pour nous, il était clair que les parents avaient probablement contracté le virus VIH et, sans que la maladie ait été diagnostiquée, étaient morts du SIDA. Nous administrons les premiers soins dans l’hôpital de jour à Angela et, quand elle nous semble aller mieux, nous la confions à nouveau à sa sœur ».

« Durant une tournée de visites, explique Stefano Capparucci, nous avons revu Angela seule dans la rue, complètement abandonnée et dénutrie. C’est alors que l’on nous a expliqué l’histoire des enfants sorciers : c’est sur eux que retombent les fautes des malheurs familiaux. Étant plus faibles, ils payent pour leurs parents et sont éloignés, afin d’exorciser les peines et les maladies. C’est ainsi qu’Angela a été recueillie par les religieuses diocésaines congolaises et que nous l’avons soignée avec les médicaments antirétroviraux. Aujourd’hui, c’est une fillette pleine de vie. Avec le temps, étant devenus plus proches de ses frères et de sa sœur, nous avons même réussi à la réintégrer partiellement dans sa famille. La superstition est malheureusement alimentée par la pauvreté des personnes ».

Le projet DREAM (l’acronyme pour Drug Resource Enhancement against Aids and Malnutrition) est un rêve pour l’Afrique réalisé par la Communauté de Sant’Egidio à partir de 2002. Il existe aujourd’hui 38 centres qui pratiquent le test du VIH et qui administrent les traitements de médicaments antirétroviraux dans des centres spécialisés dignes des meilleures cliniques italiennes. « Nous partons de ce principe, explique Stefano Capparucci, présent ces jours-ci à Kinshasa avec Cristina Moscatelli, médecin et bénévole de la Communauté de Sant’Egidio, que tous ont droit aux mêmes soins. C’est pour cela que les centres DREAM offrent les mêmes possibilités de soin du SIDA que pourrait avoir un Italien ou un Allemand dans leur pays ». Les centres DREAM, complètement gratuits pour la population, sont présents dans dix pays africains, et ont aidé ces dernières années un million de personnes, en ont assisté quelque 202 600 dont 34 500 mineurs (moins de 15 ans). 20 020 enfants sont nés sains grâce aux programmes de prévention. Au centre congolais, le test a été administré à 3 765 personnes, parmi lesquelles 747 se sont avérées séropositives. Chaque patient coûte environ 500 dollars par an et les dépenses sont couvertes par de nombreux sponsors, parmi lesquels Assicurazioni Generali, Bambini del Danubio onlus et Coopi.

Le centre DREAM est situé dans une zone de l’extrême périphérie de Kinshasa. Après la création de la structure, de nouvelles implantations d’habitations se sont développées et le quartier est en train de se peupler même si les services de base font défaut : l’eau et l’électricité. La Communauté de Sant’Egidio a justement pourvu à la construction d’un puits pour les familles installées là. Les routes non goudronnées, à la période des grandes pluies équatoriales, se remplissent de flaques et deviennent impraticables. Les retenues d’eau favorisent ensuite la prolifération des moustiques, porteurs de la malaria, une maladie qui, favorisée par la malnutrition et sous ces latitudes, fait encore plus de victimes que le SIDA. La Communauté de Sant’Egidio mène aussi un programme de lutte contre la malnutrition dans le cadre duquel elle fournit des paquets alimentaires avec du riz, de la farine de maïs, de l’huile de palme et du sucre pour les enfants et les familles (environ 175 personnes chaque mois).

En République démocratique du Congo, 83 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et l’espérance de vie est inférieure à 50 ans : avec ces chiffres, on peut aisément imaginer que la pauvreté alimente de vieilles superstitions qui font que les « enfants sorciers » payent pour tous. Mais il faut dire aussi que 44,4 % de la population est âgé de moins de 15 ans et que donc le pourcentage d’enfants sorciers et d’enfants des rues est relativement limité si l’on considère le nombre total de mineurs dans le pays. Le Congo est ensuite un pays largement catholique, même si les sectes prolifèrent de plus en plus, surtout dans les faubourgs de la capitale. La présence du clan et de la famille aide à la stabilité des rapports et il est certain que les enfants ne souffrent généralement pas du manque d’affection de leurs parents : les plus petits sont toujours portés sur le dos leur mère et l’accompagnent dans tous ses gestes de la journée. La véritable bataille, que la Communauté de Sant’Egidio mène notamment sur le plan politique depuis des années, est celle de la lutte contre la pauvreté.


 LIRE AUSSI
• NOUVELLES
8 Décembre 2016

Libye, Sant’Egidio : première réconciliation entre Misurata et Zintan

IT | DE | FR | PT
7 Décembre 2016
LONDRES, ROYAUME-UNI

A Londres, il existe une table dressée pour les pauvres ; elle s’appelle « Our Cup of Tea ». La vidéo de la BBC

IT | EN | DE | FR | PT | HU
6 Décembre 2016
GENÈVE, SUISSE

Sant’Egidio devient observateur permanent au conseil de l’Organisation Internationale pour les Migrations

IT | ES | DE | FR | PT
2 Décembre 2016
ROME, ITALIE

Voici les visages et les voix des réfugiés syriens ayant fui la guerre et arrivés aujourd’hui en Italie par les couloirs humanitaires

IT | ES | DE | FR | PT | CA | RU | HU
2 Décembre 2016

Le livre pour préparer le repas de Noël avec la Communauté de Sant’Egidio est disponible en ligne en cinq langues

IT | EN | ES | FR | PT | CA | ID
1 Décembre 2016

1er décembre, journée mondiale de lutte contre le SIDA 2016. Pour l’avenir de l’Afrique

IT | DE | FR | HU
toutes les nouvelles
• IMPRIMER
1 Décembre 2016
Main-Post

Wie Joaquin Martinez dem elektrischen Stuhl entkam

30 Novembre 2016
Main-Post

Dem Vergessen könnte das Morden folgen

30 Novembre 2016
Staatsministerium Baden-Württemberg

Gedenkfeier „Städte für das Leben – Städte gegen die Todesstrafe“

29 Novembre 2016
Volksblatt

Erinnerung an Deportation jüdischer Würzburger vor 75 Jahren - Warnungen vor aktuellen Entwicklungen

22 Novembre 2016
Osnabrücker Kirchenbote

Eine Kerze für jeden toten Flüchtling

19 Novembre 2016
RP ONLINE

Amerikanischer Traum endet in der Todeszelle

tous les communiqués de presse
• ÉVÉNEMENTS
30 Novembre 2016

Cities for life : rassemblement le 30 novembre devant la Maison Victor Hugo à Paris

23 Novembre 2016

Jean-François Colosimo rencontre Andrea Riccardi autour de son livre : Périphéries : crises et nouveautés dans l’Église

17 Novembre 2016 | GÊNES, ITALIE

Présentation du nouveau livre de Vincenzo Paglia : ''Sorella Morte. La dignità del vivere e del morire"

16 Novembre 2016 | CERGY, FRANCE

Mondialisation et art de la paix : le rôle de Sant’Egidio, avec Andrea Riccardi

14 Novembre 2016 | MESSINA, ITALIE

Au-delà de l'urgence, accueillir. L'expérience des couloirs humanitaires

12 Novembre 2016 | BARCELONE, ESPAGNE

Marche en mémoire de la déportation des juifs

Toutes les réunions de prière pour la paix
• NON LA PEINE DE MORT
7 Octobre 2015
ÉTATS-UNIS

The World Coalition Against the Death Penalty - XIII world day against the death penalty

5 Octobre 2015
EFE

Fallece un preso japonés tras pasar 43 años en el corredor de la muerte

24 Septembre 2015

Pope Francis calls on Congress to end the death penalty. "Every life is sacred", he said

12 Mars 2015
Associated Press

Death penalty: a look at how some US states handle execution drug shortage

12 Mars 2015
AFP

Arabie: trois hommes dont un Saoudien exécutés pour trafic de drogue

9 Mars 2015
Reuters

Australia to restate opposition to death penalty as executions loom in Indonesia

9 Mars 2015
AFP

Le Pakistan repousse de facto l'exécution du meurtrier d'un critique de la loi sur le blasphème

9 Mars 2015
AFP

Peine de mort en Indonésie: la justice va étudier un appel des deux trafiquants australiens

28 Février 2015
ÉTATS-UNIS

13 Ways Of Looking At The Death Penalty

15 Février 2015

Archbishop Chaput applauds Penn. governor for halt to death penalty

11 Décembre 2014
MADAGASCAR

C’est désormais officiel: Madagascar vient d’abolir la peine de mort!

3 Décembre 2014

5th Circuit Court of Appeals stops execution of Scott Panetti!

aller à pas de peine de mort
• DOCUMENTS

Adam Michnik

Prix Nobel pour la Paix, Argentine

Adolfo Pérez Esquivel

Archevêque, Secrétaire du Conseil Pontifical de la Pastorale pour les Migrants et les Itinérants , Saint-Siège

Agostino Marchetto

Recteur del'Université Al-Azhar, Egypte

Ahmed Al-Tayyeb

Doyen de la Faculté de Sharia et Études Islamiques, Qatar

Aisha Yousef Al-Menn'ai

Secrétaire général du Conseil des Conférences Episcopales Européennes

Aldo Giordano

tous les documents
• LIVRES

La parola di Dio ogni giorno 2017





San Paolo

Una casa chiamata Terra





Francesco Mondadori
tous les livres

VIDEO PHOTOS
3:09
Les enfants de la rue ne sont plus seuls
3:01
Cities for life - Pour un monde sans peine de mort
3:40:49
Réduire la mortalité maternelle et faire grandir des enfants sans SIDA

630 visites

412 visites

341 visites

318 visites

284 visites
tous les médias associés

Per Natale, regala il Natale! Aiutaci a preparare un vero pranzo in famiglia per i nostri amici più poveri