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Don Marco Gnavi, Œcuménisme : des fruits réels même s’ils sont parfois invisibles

20 Janvier 2021

Le jour de l’ouverture de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, monseigneur Marco Gnavi, responsable du service « œcuménisme et dialogue interreligieux » du diocèse de Rome, explique que chaque croyant est appelé à se recueillir dans la prière en restant enraciné dans l’amour gratuit du Christ : « Il y a ceux qui, pour chercher la réponse à la demande d’unité, ont payé de leur vie. Et cela n’est pas arrivé seulement à des catholiques ».

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Federico Piana- Città del Vaticano

La semaine de prière pour l’unité des chrétiens, qui s’ouvre aujourd’hui et qui se conclura le 25 janvier prochain, a pour thème : « Demeurez dans mon amour et vous porterez du fruit en abondance » (Jean 15, 1-17). « Le choix – explique monseigneur Marco Gnavi, consulteur du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et responsable du service « œcuménisme et dialogue interreligieux » du diocèse de Rome – s’est porté sur l’Évangile de Jean (Jn 15, 5-9) ; il a été fait par le monastère de Grandchamp, en Suisse : une expérience œcuménique féminine qui regroupe cinquante femmes de différentes confessions et de divers continents ». Une expression concrète et visible de la communion, nourrie par la prière et le silence, partagée aussi avec les nombreux hôtes de passage qui se rendent à Grandchamp, à la recherche d’une guérison spirituelle.

Ecouter l'entretien avec monseigneur Gnavi sur Vatican News.

Quelle est l’attitude que le thème retenu cette année suggère à chaque croyant ?

R.- Nous sommes appelés à nous recueillir dans la prière en nous enracinant dans l’amour du Christ, un amour gratuit. Dans le temps particulier que nous sommes en train de vivre, alors que la distanciation physique et les conséquences de la pandémie deviennent très pesantes, demeurer dans l’amour du Christ veut dire demeurer dans un amour qui espère au-delà de la mort, qui espère l’impossible. Et, avec le Seigneur, dans la recherche de l’unité, tout est possible. Les chrétiens sont appelés à communiquer l’espérance.

Dans quel esprit se déroulera cette semaine ?

R. – Du côté des représentants orthodoxes, protestants, catholiques et anglicans, il y a le profond désir d’offrir leur réflexion et leur vocation à un vaste public de fidèles. L’esprit sera marqué par la résilience évangélique pour faire face aux défis devant lesquels le virus nous place. Il faut considérer que l’effort pour garder la cohésion, dans les communautés de foi, concerne toutes les confessions. Le pape François a dit que nous ne pouvons que choisir de sortir meilleurs de la crise, sinon nous trouverons une situation pire que celle d’hier.

Quels ont été les fruits de l’engagement œcuménique de ces dernières années ?

R.- Certains fruits sont invisibles, mais ils ne sont pas moins réels, comme par exemple le désir, qui s’est de plus en plus renforcé, d’affronter ensemble les défis de l’histoire. Il y a une immense estime, il y a aussi la nostalgie de pouvoir se retrouver physiquement ensemble. La conscience s’est aiguisée, car chaque semaine de prière pour l’unité des chrétiens a eu un thème qui nous a conduits, idéalement, à prendre en compte de nombreuses situations, aggravées par des défis et des besoins toujours renouvelés. En outre, on a vu se réaliser des actions œcuméniques de secours et de solidarité qui ont concerné les migrants et la pauvreté. Et puis la prédication de l’Évangile nous a aussi trouvés plus unis et moins opposés.

La prédication de l’Évangile peut-elle aider l’unité ?

R. - Oui, à condition qu’elle soit authentique et s’il est vrai que nous devons être uns afin que le monde croie. N’oublions pas ensuite le thème du martyre. Il y a ceux qui, pour chercher la réponse à la demande d’unité, ont payé de leur vie, et cela n’est pas arrivé aux seuls catholiques.

Paradoxalement, la pandémie pourrait agir comme un catalyseur pour l’unité, puisque l’urgence incite à mettre en avant ce qui nous unit plutôt que ce qui nous divise ?

R.- Assurément, pour cette raison aussi que toutes les Églises ont été blessées par la Covid-19. Tout ce qui est menacé par la pandémie (par le culte à la vie) doit trouver des réponses adaptées à l’époque : dans ce sens, il y a une recherche commune qui donne du courage.


[ Federico Piana ]