Prière de la vigile

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Mémoire de saint Anselme (1033-1109), moine bénédictin et évêque de Canterbury ; il supporta l'exil par amour pour l'Église.


Lecture de la Parole de Dieu

Alléluia, alléluia, alléluia.

Celui qui vit et croit en moi,
ne mourra pas.

Alléluia, alléluia, alléluia.

Jean 6,60-69

Après l'avoir entendu, beaucoup de ses disciples dirent : " Elle est dure, cette parole ! Qui peut l'écouter ? " Mais, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce propos, Jésus leur dit : " Cela vous scandalise ? Et quand vous verrez le Fils de l'homme monter là où il était auparavant ?... C'est l'esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Mais il en est parmi vous qui ne croient pas. " Jésus savait en effet dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas et qui était celui qui le livrerait. Et il disait : " Voilà pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui est donné par le Père. " Dès lors, beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui. Jésus dit alors aux Douze : " Voulez-vous partir, vous aussi ? " Simon-Pierre lui répondit : " Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Nous, nous croyons, et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu. "

 

Alléluia, alléluia, alléluia.

Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu,
dit le Seigneur.

Alléluia, alléluia, alléluia.

L'Évangile que nous venons d'entendre conclut le grand discours sur le pain de vie tenu par Jésus à la synagogue de Capharnaüm. Ce texte, rapporté par l'évangéliste, nous annonce une vérité fondamentale : Jésus est le pain et non pas simplement Jésus a le pain, comme le pensaient les gens après avoir assisté au miracle de la multiplication des pains. Même les disciples trouvent excessive cette affirmation de Jésus comme « Pain de la vie ». Ils disent entre eux : « Elle est dure, cette parole ! » Ils comprennent que manger la chair et boire le sang de Jésus signifie accueillir en eux-mêmes un amour tellement grand qu'il bouleversera totalement toute leur vie. Ils ne parviennent pas à accepter un amour aussi grand et aussi bouleversant. Ils préfèrent être libres de tout lien. Cette tentation semble influencer de plus en plus notre époque. Nous préférons rester seuls avec nous-mêmes. Si c'est cela notre perspective, comment serait-il possible d'accepter un lien comme celui voulu par Jésus, qui nous demande de faire partie de sa propre chair ? Mieux vaut alors abandonner Jésus. Ces disciples auraient peut-être accepté de se lier à un Dieu proche, mais pas à quelqu'un qui entre aussi profondément dans leur vie. Amis, certes, mais de loin ; disciples, mais jusqu'à un certain point. Pour Jésus, l'amitié est radicale, elle détermine l'existence tout entière. C'est l'Évangile qu'il est venu annoncer aux hommes : la radicalité d'un amour qui incite à donner sa vie pour les autres, sans poser aucune limite, même pas celle de la mort. Cet amour - que les auteurs du Nouveau Testament nomment agapè - est plus fort que la mort. Jésus ne peut renoncer à annoncer cet Évangile d'amour. Il dit à ses disciples, choqués par ces paroles, qu'ils le seraient encore plus s'ils le voyaient « monter là où il était auparavant ». Il sait très bien qu'on ne peut le reconnaître et l'accueillir qu'avec les yeux de la foi. Et d'insister ainsi sur le fait que, celui qui n'a pas l'humilité de se laisser aider ne peut pas comprendre sa Parole. Jésus, touché par l'abandon de nombreux disciples, s'adresse aux Douze et leur demande : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » C'est l'un des moments les plus dramatiques de la vie de Jésus. Il ne pouvait pas renier son Évangile, même au risque de demeurer seul. L'amour évangélique est exclusif, sans aucune limite, ou il n'est pas. Pierre, qui a peut-être vu les yeux de Jésus, passionnés, mais fixes, s'est laissé toucher le cœur et, prenant la parole, lui répond : « Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ». Il ne dit pas « où irons-nous », mais « à qui irons-nous ». Le Seigneur Jésus est véritablement notre unique sauveur.