Le jour du Seigneur

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26e dimanche du Temps ordinaire
Fête des saints archanges Michel, Gabriel et Raphaël. L'Eglise d'Ethiopie, l'une des premières d'Afrique, vénère saint Michel comme son protecteur.


Première lecture

Amos 6,1.4-7

Malheur à ceux qui vivent bien tranquilles dans Sion, et à ceux qui se croient en sécurité sur la montagne de Samarie, ces notables de la première des nations, vers qui se rend la maison d’Israël !
Couchés sur des lits d’ivoire, vautrés sur leurs divans, ils mangent les agneaux du troupeau, les veaux les plus tendres de l’étable ;
ils improvisent au son de la harpe, ils inventent, comme David, des instruments de musique ;
ils boivent le vin à même les amphores, ils se frottent avec des parfums de luxe, mais ils ne se tourmentent guère du désastre d’Israël !
C’est pourquoi maintenant ils vont être déportés, ils seront les premiers des déportés ; et la bande des vautrés n’existera plus.

Psaume responsorial

Psaume 145 (146)

Chante, ô mon âme,
la louange du Seigneur !

Le Seigneur garde à jamais sa fidélité,
il fait justice aux opprimés ;
aux affamés, il donne le pain ;
le Seigneur délie les enchaînés.

Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes,
le Seigneur protège l’étranger.

Il soutient la veuve et l’orphelin,
il égare les pas du méchant.
D’âge en âge, le Seigneur régnera :
ton Dieu, ô Sion, pour toujours !  
 

Deuxième lecture

1 Timothée 6,11-16

Mais toi, homme de Dieu, fuis tout cela ; recherche la justice, la piété, la foi, la charité, la persévérance et la douceur.
Mène le bon combat, celui de la foi, empare-toi de la vie éternelle ! C’est à elle que tu as été appelé, c’est pour elle que tu as prononcé ta belle profession de foi devant de nombreux témoins.
Et maintenant, en présence de Dieu qui donne vie à tous les êtres, et en présence du Christ Jésus qui a témoigné devant Ponce Pilate par une belle affirmation, voici ce que je t’ordonne :
garde le commandement du Seigneur, en demeurant sans tache, irréprochable jusqu’à la Manifestation de notre Seigneur Jésus Christ.
Celui qui le fera paraître aux temps fixés, c’est Dieu, Souverain unique et bienheureux, Roi des rois et Seigneur des seigneurs ;
lui seul possède l’immortalité, habite une lumière inaccessible ; aucun homme ne l’a jamais vu, et nul ne peut le voir. À lui, honneur et puissance éternelle. Amen.

Lecture de l'Évangile

Alléluia, alléluia, alléluia.

Hier, j'ai été enseveli avec le Christ,
Aujourd'hui je ressuscite avec toi qui es ressuscité.
Avec toi j'ai été crucifié,
souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton Royaume.

Alléluia, alléluia, alléluia.

Luc 16,19-31

« Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux.
Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères.
Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères.
Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra.
Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; levant les yeux, il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui.
Alors il cria : “Père Abraham, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise.
- Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance.
Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.”
Le riche répliqua : “Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père.
En effet, j’ai cinq frères : qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture !”
Abraham lui dit : “Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent !
- Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.”
Abraham répondit : “S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.” »

 

Alléluia, alléluia, alléluia.

Hier, j'ai été enseveli avec le Christ,
Aujourd'hui je ressuscite avec toi qui es ressuscité.
Avec toi j'ai été crucifié,
souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton Royaume.

Alléluia, alléluia, alléluia.

Homélie

" Ils ont Moïse et les Prophètes : qu'ils les écoutent ! ", dit le père Abraham dans la parabole du pauve Lazare. Ce dimanche est celui du pauvre Lazare, celui qui est couché devant la porte du riche, couvert de plaies, désirant se rassasier de ce qui tombe de sa table. C'est aussi la fête de la Parole de Dieu, de cette Parole que Dieu a voulu nous donner avec " Moïse et les prophètes ", afin que nous puissions tous être sauvés. C'est la Parole de Dieu qui nous permet de rencontrer aujourd'hui les nombreux pauvres Lazare, qui nous apprend à nous laisser saisir de compassion devant leurs plaies et nous scandaliser devant leur faim. Prenons conscience de Lazare, car c'est lui qui nous accueillera dans le ciel et qui intercèdera pour nous : " J'avais faim et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif et vous m'avez donné à boire ". Jésus veut que les hommes ne vivent pas " insouciants ", comme des joyeux lurons, ainsi que le décrit le prophète Amos : ils gaspillent leur vie et pensent que tous sont dans la même situation qu'eux. En vivant dans " l'insouciance ", on accepte un monde de souffrance et on construit un abîme d'amour qu'il n'est plus possible de combler. Le contraire d'un cœur insouciant et superficiel n'est pas une vie agitée, héroïque, mais un cœur bon et humain.
" Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux ". Cet homme sans nom n'est pas décrit comme un gaspilleur, ni même comme quelqu'un qui exploite ses domestiques. Il est comme tous les autres, et se comporte de la même manière que ceux qui partagent sa condition : il vit son opulence dans l'insouciance et ne se rend pas compte de la présence de ce pauvre devant sa porte. Après la mort des deux protagonistes, s'ouver une scène complètement différente. Cette fois, la pensée et le jugement de Dieu apparaissent clairement. Le riche et Lazare sont tous les deux des " fils d'Abraham ". Mais Lazare est assis à la table céleste ; le riche, qui n'a pas été accueilli dans les demeures éternelles, est tombé dans le lieu des tourments.
Le riche et le pauvre meurent, et le monde se renverse. Comme dans les Béatitudes : le pauvre devient bienheureux tandis que le riche reste seul avec sa richesse, qui ne réchauffe pas, qui ne satisfait pas, mais qui tourmente. Le monde inversé, c'est Lazare avec Abraham, dans le sein d'Abraham. Alors que le riche n'a personne pour l'accueillir et reste, sans consolation ; il était rassasié et désormais il a faim, il riait et désormais il pleure. Les tourments du riche, dont parle l'Evangile, ne sont pas une menace. Jésus n'effraie pas, au contraire, il rassure les hommes. Mais le Seigneur cherche à expliquer la vie telle qu'elle est. Il révèle au riche que dans la richesse, il ne trouvera pas la joie ni l'avenir, et que sans autrui, il reste seul et se construit un enfer. Que faire ? Y a-t-il un espoir pour le riche ? Le riche peut-il changer ? Cette question préoccupe beaucoup Jésus. " Il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu ", dira-t-il. Jésus aima l'homme riche, mais ne fut pas aimé par ce dernier. Que faire ? Nous devons combler de nombreux abîmes d'ignorance, de distance, de paroles tues, de mains qui ne sont pas tendues, de consolation refusée. Comblons ces abîmes, comme le gérant malhonnête, en investissant dans la miséricorde. Comme le Samaritain, qui par sa compassion a aimé un inconnu, eta fait de lui son prochain. Décrivant la réponse d'Abraham au riche, Jésus semble insister sur le fait que nous n'avons pas besoin de faits miraculeux pour convertir notre cœur, pour combler ces abîmes. L'Evangile suffit, il ouvre le cœur des hommes et le rend humain et proche des autres. C'est pourquoi nous rendons grâce aujourd'hui pour le don de la Parole de Dieu qui nous permet de reconnaître Lazare comme notre frère et d'avoir avec lui un nom et une histoire qui nous conduit au Salut.