Le jour du Seigneur

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3e dimanche de l'Avent
Souvenir de Gigi, un enfant de Naples décédé de mort violente. Avec lui, nous nous souvenons de tous les enfants qui souffrent ou qui sont morts à cause de la violence des hommes. Prière pour tous les enfants.


Première lecture

Isaïe 35,1-6.8.10

Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose,
qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et du Sarone. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu.
Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent,
dites aux gens qui s’affolent : « Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. »
Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds.
Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie ; car l’eau jaillira dans le désert, des torrents dans le pays aride.
Là, il y aura une chaussée, une voie qu’on appellera « la Voie sacrée ». L’homme impur n’y passera pas - il suit sa propre voie - et les insensés ne viendront pas s’y égarer.
Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent, ils entrent dans Sion avec des cris de fête, couronnés de l’éternelle joie. Allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s’enfuient.

Psaume responsorial

Psaume 145 (146)

Viens, Seigneur, et sauve-nous !

Le Seigneur fait justice aux opprimés,
aux affamés, il donne le pain,
le Seigneur délie les enchaînés.

Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes.

Le Seigneur protège l’étranger,
il soutient la veuve et l’orphelin.
D’âge en âge, le Seigneur régnera.  
 

Deuxième lecture

Jacques 5,7-10

Frères, en attendant la venue du Seigneur, prenez patience. Voyez le cultivateur : il attend les fruits précieux de la terre avec patience, jusqu’à ce qu’il ait fait la récolte précoce et la récolte tardive.
Prenez patience, vous aussi, et tenez ferme car la venue du Seigneur est proche.
Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, ainsi vous ne serez pas jugés. Voyez : le Juge est à notre porte.
Frères, prenez pour modèles d’endurance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.

Lecture de l'Évangile

Alléluia, alléluia, alléluia.

Hier, j'ai été enseveli avec le Christ,
Aujourd'hui je ressuscite avec toi qui es ressuscité.
Avec toi j'ai été crucifié,
souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton Royaume.

Alléluia, alléluia, alléluia.

Matthieu 11,2-11

Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux,
lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez :
Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.
Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »
Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ?
Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois.
Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète.
C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi.
Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui.

 

Alléluia, alléluia, alléluia.

Hier, j'ai été enseveli avec le Christ,
Aujourd'hui je ressuscite avec toi qui es ressuscité.
Avec toi j'ai été crucifié,
souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton Royaume.

Alléluia, alléluia, alléluia.

Homélie

La Parole de Dieu qui nous est adressée au cours de ce troisième dimanche de l'Avent invite tous ceux qui habitent le désert de ce monde à se réjouir, car ils reçoivent une promesse : « On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu. » (Is 35,2) Le prophète ouvre les yeux des auditeurs au-delà de la tristesse et de la résignation de ce monde et il invite tout le monde à l'espérance et à l'attente de l'avènement de Dieu.
Jean, qui — en ces jours — ne nous accompagne pas vers Noël par hasard, envoie ses disciples vers Jésus pour lui demander : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?? » C'est la question de ce temps de l'Avent. Mais c'est également la question de chaque jour pour l'homme religieux et pour l'homme qui a à cœur la destinée du monde. Nous aussi, en ce dimanche, demandons-nous quel est l'avènement, quand et comment se réalisera la prophétie d'Isaïe. Demandons-le à la Parole du Seigneur, comme ces disciples de Jean qui le demandèrent à Jésus. L'évangéliste écrit que les disciples de Jean furent accueillis par le prophète de Nazareth qui ne manqua pas de leur apporter cette réponse : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. » Jésus, reprenant les paroles du prophète Isaïe, envoie dire à Jean que cette prophétie s'est accomplie. Ce n'est plus seulement un rêve, c'est déjà la réalité.
À travers sa personne qui chemine parmi les hommes, la prophétie d'Isaïe a commencé son accomplissement définitif. Et Jésus ajoute : « Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute. » En lui, le dessein de Dieu s'accomplit, non dans l'extraordinaire du merveilleux ou dans le mystère de l'ésotérisme magique, mais dans la simplicité de la miséricorde et de la compassion. Il revient aux générations chrétiennes, y compris à la nôtre, de rendre visibles les signes que Jésus lui-même a placés comme prémices d'un monde renouvelé. Nous aussi, nous pourrons répondre à ceux qui nous interrogent : « Allez et annoncez ce que vous entendez et voyez. » Eh bien, les signes de cet avènement sont également présents aujourd'hui. Certains ont commencé à annoncer l'Évangile aux pauvres, certains accomplissent les miracles de la charité, de la justice, de la miséricorde de Dieu, certains, s'oubliant eux-mêmes, se sont mis au service des plus faibles et des plus pauvres. Il existe des aveugles qui voient des amis affectueux à leurs côtés, il existe des personnes qui savent consoler ceux qui sont en pleurs et qui savent être tendres et prévenants envers ceux qui sont malades et abandonnés.
Heureux celui qui accueille ces signes et qui se laisse toucher le cœur. Jésus est venu et il nous enseigne à marcher avec lui, à travailler avec lui, à aimer comme lui, à nous émouvoir comme lui sur ces foules fatiguées et épuisées que nous rencontrons le long du chemin. Il nous apprend à ne pas désespérer dans l'attente et à ne pas enfermer notre cœur dans l'horizon étroit de notre époque, dans l'orgueil ou dans la résignation. « Viens, Seigneur Jésus », était l'antique prière des chrétiens. Et elle est également notre prière, celle qui nous libère de la triste fascination du désert de ce monde.