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Quand la route des vacances croise celle des réfugiés… l’été devient spécial. C’est arrivé à Leros

18 Août 2016 - KALIMNOS, GRÈCE

Solidaritéétéréfugiés

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Leros est une splendide petite île grecque du Dodécanèse, située non loin de la côte turque de Bodrum. Destination de vacances, mais aussi, ces dernières années, étape pour les migrants qui fuient le Moyen-Orient en flammes.

L'île est tristement célèbre du fait de la présence de centres de « rééducation » pour les dissidents du régime des colonels et d'un énorme hôpital psychiatrique qui, en 1992 comptait encore plus de 1100 patients, dans des conditions inhumaines.
Aujourd'hui, dans la zone de l'ancien hôpital à présent désaffecté, a ouvert un hotspot où ont été installés dans les containers 650 réfugiés, pour la majeure partie syriens, irakiens (dont beaucoup de Yézidis), mais aussi pakistanais et somaliens. 
Un peu plus loin, un ancien pavillon offre l'hospitalité à une centaine de personnes plus vulnérables : des personnes âgées et des familles.
On trouve de très nombreux enfants dans les deux centres. La situation est difficile en raison notamment de la longue attente (certaines personnes sont ici depuis cinq mois). Les enfants ne vont pas à l'école ; seule une enseignante yézidie a pu organiser une classe. Quelques associations de bénévoles et des ONG sont présentes et aident comme elles le peuvent.

C'est ici qu'a débarqué il y a quelques semaines un joyeux groupe de familles de la Communauté de Sant'Egidio : parents, enfants, adolescents, en quête de soleil, de mer et d'un vrai repos.

Et ils l'ont trouvé. La présence des réfugiés est évidente sur une aussi petite île. Alors, pourquoi ne pas faire de la rencontre avec ces derniers une occasion d'amitié, comme l'été en donne habituellement l'opportunité ?

Ainsi, les mamans ont organisé des fêtes et de substantiels goûters pour les enfants : pas seulement pour leurs propres enfants, mais aussi pour ceux des familles réfugiées dans le hotspot. Une joyeuse rencontre qui, sans trop de discours, abat les barrières mentales et réelles.

Le migrant devient l'ami avec lequel tu manges une glace, fais une course, parles par gestes. A la fin des vacances, même les plus jeunes ont appris, sans s'en rendre compte, que l'accueil est un avantage. "Maman,on y retourne ?"