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Hier le pape François a rencontré des étudiants et réfugiés à l’Université Rome Trois. Le récit des Jeunes pour la paix

18 Février 2017

Jeunes pour la PaixPape FrançoisréfugiésCouloirs humanitaires

Le pape cite Bauman et s’entretient longuement avec Nour, arrivée de Syrie à bord de son avion

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Aujourd’hui, à l’Université Rome Trois, le pape a répondu aux questions de quatre étudiants, dont celles d’une jeune réfugiée syrienne arrivée en Italie avec le Saint Père après sa visite à Lesbos. Il a présenté des concepts clés pour parvenir à la paix dans le monde et dans la vie de chaque jour. Son discours commence par le concept de violence. Après une courte description de la situation mondiale, le souverain pontife a affirmé que nous vivons une troisième guerre mondiale par morceaux, dans un climat de violence qui ne règne pas seulement entre les nations mais aussi dans notre vie quotidienne. Quand nous parlons, le ton que nous utilisons peut être un signe soit d’affrontement soit de pacification. Aujourd’hui malheureusement, nous sommes en présence d’un affrontement verbal de plus en plus âpre, qui part des dynamiques familiales pour toucher la politique, durement critiquée par le pape du fait de son manque de patience à dialoguer. Dialoguer veut dire argumenter en respectant la diversité des opinions et ne pas obliger l’auditoire à penser comme l’orateur. De là l’importance d’une université éloignée de l’idée de dispenser un enseignement à l’enseigne d’une orientation unique : une tendance que le pape se souvient avoir vue dans les universités d’Amérique Latine et dont il se demande si elle est également présente dans les universités italiennes comme Rome Trois, la première université italienne d’Etat qu’il a visitée au cours de son pontificat. « L’université est le lieu où l’on peut dialoguer, où il y a de la place pour tous » : telle est sa mission authentique. En répondant à une autre question, le Saint Père a attiré l’attention sur le changement des temps et a encouragé les jeunes à « vivre la vie comme elle vient, sinon nous n’apprendrons jamais à la vivre ». Pour expliquer l’idée, il a eu recours à la métaphore du gardien de but : « la vie ressemble au gardien de but, qui prend le ballon là où les autres l’envoient. La vie doit se prendre là d’où elle vient ». Poursuivant son discours, le pape François a répondu aux questions relatives à l’économie mondiale et à l’intégration. Tout part toujours du concept de dialogue. Nous devons tous être en mesure de nous adapter à la rapidité dans le dialogue sans perdre ce qui en fait le cœur, autrement dit en évitant de créer une communication « liquide », sans consistance. Reprenant les termes de Zygmunt Bauman sur La société liquide, le Saint Père a affirmé : « nous devons transformer cette liquidité en réalité concrète ». Se référant à l’économie et à la problématique du chômage dans les pays développés, il a déclaré : «  la liquidité de l’économie supprime la réalité concrète et la culture du travail ». L’invitation est fait de résoudre les problèmes économiques, sociaux et culturels à travers la réalité concrète.

Pour finir, le pape a évoqué devant les étudiants son voyage à Lesbos et le phénomène des migrations en disant : « les migrations ne sont pas un danger : elles sont un défi pour grandir ». Il fait le vœu que les Etats européens suivent l’exemple de l’intégration suédoise. La Suède a réalisé avec les années un plan solide pour l’intégration des migrants, leur fournissant des cours de langue, un travail et un logement. « Ils apportent une culture qui est une richesse pour nous, ils reçoivent notre culture : c’est un échange et cela enlève toute peur ».

Les mots clés sur lesquels le pape invite tous les jeunes à réfléchir sont : dialogue, réalité concrète, accueil, intégration. Les paroles du Saint Père nous indiquent la voie pour ouvrir un rayon de lumière dans les ténèbres de l’humanité.

Andrea Avella

GxP Roma