Communauté de Sant'Egidio
Amis de la Terre

Goma - L'éruption du volcan Nyiragongo

09/03/2002
R.D.Congo
Solidarité avec les victimes du volcan : 
Nouvelles de Goma et de Bukavu

Deux mois après l’éruption du volcan, la situation à Goma continue d’être dramatique. Les nouvelles sur les aides de la communauté : l’École de la Paix, les aides dans les villages, le soutien au centre pour enfants “non accompagnés”.

 

Près de deux mois après l’éruption du volcan Nyiragongo, la situation dans la Ville de Goma continue d’être dramatique. 

La lave a coupé la ville en deux : la partie centrale, les quartiers les plus importants, la cathédrale, l’hôpital, les principales écoles, une partie de l’aéroport ont été enfouis sous près de 5 mètres de lave, qui en beaucoup d’endroits est encore chaude - et on calcule qu’elle ne se refroidira pas complètement avant six mois

Maintenant, les habitants sont presque tous revenus, même si les maisons ont disparu. Tout le monde espère que, avec la lave, la terre deviendra plus fertile.

Des membres de la Communauté de Sant’Egidio de Goma ont également tout perdu, comme tant d’autres, et sont hébergés par des parents ou des amis dans la petite partie de la ville qui n’a pas été envahie par la lave.
Malgré ces difficultés, les aides se poursuivent, et elles sont distribuées à des centaines de personnes.


La cloche de la cathédrale, 
qui a été enfouie dans la lave

Revêtir un village...

Plus de 2 tonnes de vêtements, envoyés par les Communautés de Belgique, ont littéralement “revêtu” tout un village (près de 600 personnes que nous voyons faisant la queue sur la photo, le jour de la distribution).

Il s’agit d’une localité très pauvre, à 6 km de Goma, où à cause de la guerre civile l’aide internationale n’arrive pas.


A Bukavu

A Ibanda, un quartier situé au bord du lac, ancien port de la ville, s’élève un grand complexe scolaire laissé par les Belges. 
Ici ont trouvé refuge, le jour de l’éruption du volcan, les premiers qui se sont enfuis en traversant le lac en bateau.
Au début ils étaient environ 2.500. Beaucoup sont maintenant rentrés chez eux ou ont trouvé une autre solution d’hébergement. Il reste 680 personnes. Pour eux, le temps de séjour dans cette structure improvisée sera probablement long : la lave a entièrement détruit leurs maisons et a recouvert les champs. Ils n’ont plus rien.

Le centre est sous la protection de la Croix-Rouge, mais il y a seulement du personnel paramédical. La Communauté de Sant’Egidio de Bukavu, dont font partie quelques médecins et étudiants en médecine, a réussi à faire participer l’Université pour que soient assurés les premiers secours.
Dans l’intervention d’aide, outre la distribution de centaines de kilos de riz et de farine de manioc, a été fourni régulièrement du savon. Et le souci de l’hygiène personnelle et des locaux a été mis au premier plan. 
Pour aider les personnes à retourner à une vie normale, un autre aspect important était l’insertion des enfants dans les écoles de la ville. Actuellement il y a environ 250 enfants dans le centre, dont 200 ont été inscrits et vont régulièrement à l’école. Les 50 autres, qu’il n’était pas possible d’insérer, fréquentent l’École de la Paix à l’intérieur du centre.

L’École de la Paix n’est pas seulement un lieu d’étude pour les enfants, mais est devenue un moment important pour tous les sinistrés, parce que c’est l’occasion de parler, d’être ensemble, de résoudre les problèmes concrets, qui sont parfois seulement d’avoir le réconfort de l’amitié.
Particulièrement utile et appréciée, la distribution de matelas a permis de réaliser un hébergement plus “vivable”. Les délais de retour à la vie normale s’annoncent en effet fort longs


A Bagira, les enfants “non-accompagnés”

Sur la colline, dans un quartier appelé Bagira, il y a un centre de l’UNICEF, qui accueille les “enfants non-accompagnés”, c’est-à-dire ceux qui, en fuyant au moment de l’éruption, ont perdu le contact avec leurs parents. 
Chercher à retrouver les familles, à favoriser le contact. Ici aussi, la présence d’une Communauté s’est révélée précieuse : beaucoup ont retrouvé leur famille, perdue dans la confusion et le désespoir de la fuite devant la lave. Au centre, où il y avait environ 400 enfants, il n’en reste plus aujourd’hui que 57. Et le travail de réunion familiale se poursuit.

Francesco Tedeschi

 

previous page

home page