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NO alla Pena di Morte
Campagna Internazionale
Comunità di Sant'Egidio

Bruxelles

La città di Bruxelles illumina l'Atomium

A Bruxelles si è illuminato il celebre monumento "Atomium" (visibile da tutta la città) nei colori verde e rosso. 

Sulla sommità dell'Atomium sarà posta la colomba della pace, con la scritta No alla pena di morte in cinque lingue (fiammingo, francese, inglese, arabo e cinese). Nel pianterreno dell'Atomium si è tenuto un ricevimento.


L’ATOMIUM DI BRUXELLES

 L’ Atomium è stato costruito in occasione dell’ Esposizione Mondiale a Bruxelles del 1958. Questo monumento è diventato una delle costruzioni più simboliche della capitale belga ed europea.

 Il monumento rappresenta una molecola di ferro, con i suoi nove atomi, ingrandito 150.000.000 volte. Le nove sfere si riferiscono alle nove province belghe (da qualche tempo sono dieci). E’ accessibile al pubblico, e sopra si ha un panorama fantastico della capitale.

 L’ Atomium è il simbolo del ottimismo regnante nel Belgio e nell’Europa del Dopo-guerra: il tempo d’oro dell’industria del ferro e la fede nelle possibilità illimitate dell’energia atomica.

 All'interno si possono visitare delle mostre sulle nuove tecnologie. Così, l’Atomium è diventato un simbolo permanente della modernità. Il 30 novembre, l’Atomium sarà un simbolo di un nuovo sogno: un mondo senza pena di morte. 


L’ATOMIUM A BRUXELLES - FRANçAIS

 L’Atomium : ce monument construit à l’occasion de l’exposition universelle de Bruxelles en 1958 est devenu un des bâtiments les plus symboliques de la capitale de l’Europe et de la Belgique. Il symbolise une molécule de fer avec ses neuf atomes grossis 150.000.000 de fois. Les neufs boules correspondaient au nombre des provinces que comptait la Belgique à l’époque. L’atomium symbolise particulièrement l’après-guerre, âge d’or de la sidérurgie en Belgique et de la foi en l’énergie atomique. Elle accueille aujourd’hui diverses expositions sur les nouvelles technologies et se veut un symbole permanent de la modernité. Elle sera le 30 novembre prochain le symbole d’un nouveau rêve : un monde sans peine de mort.  


HET ATOMIUM TE BRUSSEL – NEDERLANDS

 Het Atomium werd opgericht ter gelegenheid van de Wereldtentoonstelling te Brussel in 1958. Dit monument is één van de meest symbolische gebouwen geworden in de Belgische en Europese hoofdstad.

 De constructie symboliseert een ijzermolecule met zijn negen atomen, 150.000.000 maal vergroot. De negen bollen verwijzen naar de voormalige negen provincies van België (sinds kort zijn het er tien). Het is volledig toegankelijk, bovenaan heeft men een fantastisch panorama over de hoofdstad.

 Het Atomium symboliseert erg goed het na-oorlogse België : de gouden tijd van de staalindustrie en het geloof in de grote mogelijkheden van de kernenergie.

 Vandaag de dag kan men in het gebouw regelmatig tentoonstellingen bewonderen over de nieuwste technologieën, en zo is het een permanent symbool geworden van de moderniteit. Op 30 november staat het Atomium symbool voor een nieuwe droom : een wereld zonder doodstraf.

 

Première journée mondiale contre la peine de mort

Bruxelles, Atomium, le 30 novembre 2002 

Hilde Kieboom, Communauté de Sant’Egidio

    

I. Introduction

 

 Mijnheer de burgemeester, geachte dames en heren, beste vrienden,

 Een historisch feit brengt ons vandaag bijeen, in het hart van Europa, aan de voet van Brussels meest gekende monument, het Atomium. Vandaag schittert dit monument, symbool van de vooruitgang, als nooit tevoren, ter gelegenheid van ‘De eerste werelddag tegen de doodstraf’. Ik dank de overheid van de stad Brussel en van de vzw Atomium voor hun krachtige en daadwerkelijke ondersteuning van dit initiatief. In het jubeljaar 2000 begon de stad Rome, in samenwerking met Sant’Egidio en andere organisaties, het Collosseum te verlichten telkens wanneer er goed nieuws kwam van het anti-doodstraffront. Op deze Werelddag tegen de Doodstraf willen wij dit initiatief uitbreiden tot tal van steden in de wereld, om op die manier ons verzet tegen de praktijk van de doodstraf in het bijzonder te belichten.

 La Communauté de Sant’Egidio, à partir de son amitié avec des prisonniers et des condamnés à mort, investie beaucoup d’énergie dans la lutte contre la peine de mort. De plus, au mois de mai de cette année, une coalition internationale contre la peine de mort a vu le jour à Rome, qui unit les forces de plusieurs organisations des droits de l’homme, comme Amnesty International, le cartel français ‘Ensemble contre la peine de mort’, FIACAT avec ACAT-Vlaanderen, ainsi que le mouvement américain ‘National Coalition to abolish the dead Penalty’. C’est le Grand-duché de Toscane qui a été le premier dans le monde à abolir la peine de mort : c’était le 30 novembre 1786. Bruxelles, comme capitale de la Belgique et de l’Europe, se trouve aujourd’hui en compagnie de plusieurs villes en Belgique (Anvers, Liège, Bruges, Ypres, Gand), en Europe (Rome, Venise, Lyon, Lille, Barcelone, Amsterdam, Vienne, Berlin) et dans le monde (New York, Santiago de Chili) à donner de l’ampleur à cette initiative.

 La Communauté de Sant’Egidio est davantage connue pour son travail d’amitié avec les pauvres dans les grandes villes (des écoles de paix pour des enfants et des jeunes belges, immigrés et réfugiés, des repas pour des sans-abris, du soutien pour des personnes âgées abandonnées…). L’amitié avec les personnes les plus démunies de notre société a amené les quelques 40.000 bénévoles de Sant’Egidio à s’engager aussi pour le développement de l’Afrique et pour la paix dans le monde. L’engagement pour abolir la peine de mort se situe tout à la fois dans le cadre de ce choix pour les pauvres et dans le cadre de l’engagement pour une culture de paix et de justice dans le monde. Parcourons d’abord l’histoire pour arriver à parvenir à la situation qui est celle du monde d’aujourd’hui concernant la peine de mort.

 

II. Histoire et situation actuelle de la PDM dans le monde

 Si aujourd’hui, nous nous battons pour abolir la PDM, au nom d’une civilisation, il est bon de se souvenir que pendant des siècles, la PDM a été considérée comme une peine juste, raisonnable, civile et naturelle. Même des grands esprits de l’antiquité comme Platon ou Rousseau, Kant ou Hegel plus tard, ne formulaient aucune critique par rapport à cette condamnation que l’on qualifie, aujourd’hui, au moins en Europe, de barbare.  Il faudra patienter jusqu’au siècle des Lumières, à partir du 18 siècle, pour entendre des hommes comme Voltaire ou Victor Hugo dire qu’ils ont honte de cette pratique barbare. C’est dans ce courant que s’inscrit le philosophe toscan Cesare Beccaria, qui défend en 1764, que l’emprisonnement à perpétuité est préférable à la peine de mort parce que tout aussi efficace. Comme je l’au déjà mentionné, le Grand-duché de Toscane suivra ce conseil et sera le premier Etat du monde, en 1786, à abolir la PDM.

 Aujourd’hui, une majorité de 111 pays n’applique plus la PDM, à savoir : 75 pays sont abolitionnistes de droit (selon leurs lois donc), 20 pays de facto (commutation automatique en emprisonnement à perpétuité) et 16 pays qui l’appliquent seulement  en temps de guerre. 84 pays l’appliquent encore. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, il y donc une majorité des pays qui ne l’appliquent plus. En Europe la PDM a été abolie (l’Albanie, la Yougoslavie, la Turquie ces dernières années). Contrairement à ce que l’on pourrait penser, un nombre élevé de pays ont aboli la PDM en Afrique (plus de 20), même s’il faut dire que dans les pays majoritairement musulmans la PDM reste très présente (pensons par exemple à la problématique  des femmes adultères, comme Safiya et Amina, au Nigeria). La grande zone problématique pour l’application de la PDM se trouve en Asie et aux Etats-Unis, ce qui implique qu’aujourd’hui plus que la moitié de la population mondiale se trouve sous un système judiciaire qui maintient cette peine irréversible. En 2001, 90 % des exécutions enregistrées ont eu lieu en Chine, Iran, Arabie Saoudite et aux Etats-Unis, seulement la Chine serait bon pour 2.600 exécutions registrées en une année. Le fait que les Etats-Unis d’Amérique aussi, comme unique superpuissance et leader du monde démocratique, en fait partie, nous interroge particulièrement. 

 

III Arguments pour et contre la PDM

 L’argumentation classique de la dissuasion, en faveur de la peine de mort, n’est pas confirmée par les statistiques, en tenant compte du fait que 90 % des meurtres ont lieu dans des moments de colère particulière ou sous influence de drogue ou d’alcool. Lorsque l’on parle des Etats- Unis, il faut tenir surtout compte d’un problème social et racial par rapport à la PDM. Etant donné les frais élevés du système judiciaire américain, les coupables qui ne disposent pas de moyens nécessaires pour assurer leur défense sont les plus vulnérables. Les couloirs de la mort sont peuplés, pour une très grande majorité, de pauvres et de noirs, surtout si la victime en question est un blanc.

 La peine de mort est irréparable. Depuis 1973, 102 détenus innocents aux Etats-Unis ont été sortis du couloir de la mort. A ceux qui soutiennent la PDM comme revanche, c’est-à-dire faire subir à l’assassin la même chose que ce qu’il a commis, on pourrait répondre avec les paroles d’Albert Camus dans ses Réflexions sur la peine capitale : « Le talion est de l’ordre de la nature et de l’instinct, il n’est pas de l’ordre de la loi. La loi, par définition, ne peut obéir aux mêmes règles que la nature. Si le meurtre est dans la nature de l’homme, la loi n’est pas faite pour imiter ou reproduire cette nature. Elle est faite pour la corriger. » (2ème éd., Paris, 1957, Calman-Levy, p. 149). 

 

IV Campagne

 Ce qui est touchant dans les récits des gens qui sont allés rendre visite aux condamnés à mort, ou qui correspondent avec eux, c’est que, souvent, ces personnes changent profondément. Malgré la situation pénible de leur cellule (1,7 m sur 2,5), il y a des gens qui commencent à regretter les atrocités qu’ils ont commises. Ceci peut encourager une vision positive sur l’homme, si chère à la tradition humaniste et chrétienne. Le « monstre » a aussi une histoire, et très souvent, c’est celle d’une personne qui n’a jamais été aimée et éduquée au respect de l’autre. Cela vaut d’autant plus pour les personnes qui pourraient être innoncentes, mais qui sont condamnées faute d’une défense suffisante à cause de leur pauvreté ou classe sociale. Je cite d’une lettre de Dominique Green, afro-americain de 27 ans qui se trouve depuis qu’il n’avait pas encore 18 ans au couloir de la mort au Texas : je suis prisonnier dans le couloir de la mort.. j’ai besoin de quelqu’un qui veuille m’aider, parce que, ces derniers temps, je ne savais vraiment pas comment demander de l’aide et de l’amitié... La solitude de ce lieu commence à avoir de l’effet sur moi, aussi parce que j’ai réalisé que je pouvais finir par mourir ici pou quelque chose que je n’ai pas faite...Dans le couloir de la mort, il y a des personnes bonnes et intelligentes, mais beaucoup d’être elles n’ont jamais eu la moindre possibilité dans la vie : regardez-moi, ma vie ne faisait que commencer et elle a fini par un mensonge. Pourquoi ? Le collège du bourgmestre et des échevins de la ville de Bruxelles a décidé d’adopter ce jeune pauvre, en l’aidant à payer les frais d’avocat pour sa défense. De cette manière il aura la famille qu’il n’a jamais eu. 

Het is geen toeval dat naast New-York het vooral Europese steden zijn die aan deze eerste werelddag tegen de doodstraf deelnemen. Artikel 2 van het Handvest van de Grondrechten van de Europese Unie stelt dat in Europa niemand ter dood veroordeeld wordt. Europa mag fier zijn op zijn beschaving en op zijn voortrekkersrol op het vlak van afschaffing van de doodstraf. Verschillende feiten, ook in de civiele maatschappij getuigen van dat Europese bewustzijn: ik denk allereerst aan het feit dat de organisatoren van de witte mars nooit een oproep lanceerden tot herinvoering van de doodstraf, niettegenstaande de dramatische feiten, ik denk aan de moedige beslissing van  Miss België, Anne Van Elsen, om de miss world verkiezing in Nigeria te boycotten om uiting te geven aan haar solidariteit met Amina die gestenigd zou worden, ik denk aan de golf van protest die de laatste week door Nederland joeg nadat Minister Nawijn van de lijst Pim Fortuyn op een populistische manier voor de herinvoering van de doodstraf had gepleit. Dit zijn positieve feiten die getuigen dat de Europese publieke opinie primitieve gevoelens als wraak niet wil cultiveren en tot wet verheffen. Maar een beschaving is ook nooit verworven, ze moet worden doorgegeven en onderwezen. Recente enquêtes onder Nederlandse en Vlaamse jongeren tonen dat waakzaamheid geboden is. Het hoeft ons niet te verwonderen dat we onder de jongeren een zekere verharding vaststellen, juist in een maatschappij die weinig vertrouwen in de jongeren stelt, en ik denk hierbij vooral aan de risicojongeren in achtergestelde stadswijken. 

La campagne que mène la Communauté de Sant’Egidio, qui a déjà rassemblé plus que 4,2 millions de signatures contre la PDM dans tous les continents, est alors une bataille de civilisation. Elle montre en même temps qu’il existe un sens citoyen de responsabilité, de bonne volonté très important, mais aussi de nombreuses attentes et espoirs d’un monde plus juste et moins violent. La synergie qui est la méthode de travail de Sant’Egidio et ses partenaires – et je tiens aujourd’hui à les remercier – est un remède efficace contre le sens d’impuissance des individus, qui est si présent dans notre société de bien-être. Inviter les gens à signer une pétition contre la PDM, est une réponse au sens d’impuissance, comme le dit Colette Berthès dans la machine à tuer (Les arènes, 2000, p.127) : "Sais-tu combien pèse un flocon de neige ? Demande la mésange à la colombe. Rien d’autre que rien. Imagine que, sur la branche d’un sapin, il se soit mis à neiger, doucement, sans violence. N’ayant rien de mieux à faire, je comptais les flocons qui tombaient. Il en tomba 3.751.952. Mais au 3.751.953ème « rien d’autre que rien », la branche cassa. La colombe réfléchit un moment et se dit : »Peut-être ne manque-t-il qu’une personne pour que tout bascule ». La campagne des signatures a suscité de nombreuses initiatives, des prises de conscience, de la solidarité, des correspondances avec des condamnés à mort, la sensibilisation de l’opinion publique, entre personnes de tout âge, de tous les continents et de toute conviction idéologique ou religieuse. 

Je vous lis un passage d’une lettre qu’a écrit un africain de 42 ans, qui se trouve depuis 21 ans dans le couloir de la mort en Floride : « I’m freally excited about our newly found friendship...To encourage me to remain spiritually strong, physically healthy and mentally sound troughout my long and overwhelming journey through this valley of the shadow of death, I need jour wisdom, knowledge, advice and compassion, to inspire, enlighten and bless me too ! » 

 

V. Conclusion

 Notre rêve avec cette campagne est que la peine de mort puisse faire parti un jour des moyens du passé, comme la torture et l’esclavage, parce que les états modernes disposent d’autres moyens pour défendre leurs citoyens. L’Europe peut être orgueilleuse de jouer un rôle de précurseur de civilisation dans le domaine de l’abolition de la PDM. Je suis convaincue que l’on sera toujours plus nombreux dans le monde, pas seulement à illuminer de beaux monuments, mais aussi à considérer que la PDM n’est pas digne à notre civilisation, qu’elle est une absurdité, comme on considère que l’est l’esclavage aujourd’hui.