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Celestin Twizere
Communauté de Sant’Egidio, Rwanda
Illustres représentants des Religions mondiales, Eminences, autorités et vous tous amis de la ville et de l’Eglise de Milan, Je m’appelle Célestin et je viens du Rwanda, un pays qui, il y a juste dix ans, a vécu l’expérience d’un terrible génocide, qui a tué presque 1 million de personnes et a créé plus de 3 millions des réfugiés. Depuis 1994, dans toute la région des grains de haine et de vengeance entre les ethnies et les tribus des différents pays, le Congo, le Rwanda , le Burundi continuent à se répandre. Je crois que l’histoire de mon pays a quelque chose à dire à l’histoire de notre monde : en effet ce n’est qu’un chapitre douloureux de l’histoire du mal de notre époque. Dans les yeux des enfants rwandais frappés et blessés par la violence du génocide, j’ai vu la même peur des enfants de l’école de Beslan touchés par la violence du terrorisme de ce jour. Au cours du génocide au Rwanda, les gens se demandaient où était Dieu ? Beaucoup des personnes ont été tués dans les églises, des temples sacrés considérés comme des maisons de Dieu. On a oublié la crainte de Dieu et l’homme a été perdu. Quand une personne est tué par la violence de son frère, on devrait toujours se demander où se trouve l’homme, au lieu de se plaindre pour l’absence de Dieu. Aujourd’hui, je suis très heureux de parler ici à Milan, après avoir vécu avec vous des moments importants en partageant l’expérience du courage qu’il faut vivre pour inventer et réinventer un nouvel humanisme malgré tant des difficultés qu’on vit dans le monde. Après cette rencontre, je suis conscient et comprend que la paix n’est pas une utopie. Je viens d’une région, celle des grands lacs, où on est habitué à la guerre et aux conflits ; où les jeunes semblent destiné même dès leur enfance à vivre en combattant les uns contre les autres. Pendant ces jours j’ai vu l’engagement de beaucoup d’hommes et des femmes sur le chemin de la paix. Nous sommes différents et nous venons de toutes les parties du monde, mais nous avons montré qu’on peut vivre les uns à coté des autres, et non les uns contre les autres. C’est possible de vivre avec les autres, c’est un secret que j’ai appris de la communauté de Sant’Egidio qui est née au Rwanda et dans la région des grands lacs pour apprendre aux jeunes à vivre ensemble malgré nos différences (hutu, tutsi, twa, congolais, burundais, ougandais). Parfois on nous traite comme des naïfs mais nous n’avons pas renoncé à nous considérés comme des frères et des sœurs, fils du même Dieu, appartenant à l’unique famille humaine. Je remercie la Communauté de Sant’Egidio pour son travail pour la paix en Afrique et dans le monde entier. Pour nous, jeunes africains, Sant’Egidio est le nom de la paix et de l’espoir. C’est un cadeau que Dieu nous a fait et que nous voulons donner au monde entier. C’est un médicament pour les blessures profondes de nos cœurs. L’humanité que nous représentons est comme un seul corps, si un membre souffre, c’est toute la personne qui souffre, mais quand on commence à être soigné c’est tout l’homme qui reprend vigueur. Dans mon coeur, aujourd’hui, ici à Milan, du cœur de l’Europe je ressens déjà la résurrection de l’Afrique et du monde entier. Ma joie est très grande, elle naît de ces trois jours de rencontre et de dialogue au-delà des frontières. La beauté qui rayonne ici est celle d’un jardin à différentes sortes de fleurs. Nous voulons nous désolidariser du mal et dénoncer le mal dans toutes ses formes, regarder l’autre en le considérant comme un cadeau de Dieu et qu’il est indispensable pour la cohabitation. Je comprends qu’il est possible de faire la globalisation de l’amour et pour cela il nous appartient d’être des témoins de cette rencontre dans tous nos pays.
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