Comunità di Sant'Egidio - Napoli 2007 - Per un mondo senza violenza - Religioni e Culture in dialogo Comunità di Sant'Egidio - Napoli 2007 - Per un mondo senza violenza - Religioni e Culture in dialogo
 

Bartholomaios I - Patriarche Ecuménique de Constantinople

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Comunità di Sant'Egidio

23/10/2007 - 19:30 - Piazza del Plebiscito
Cérémonie conclusive

Bartholomaios I
Patriarche Ecuménique de Constantinople

Votre Excellence, le Président de la République Italienne, Monsieur Giorgio Napolitano,

Très Eminent frère Cardinal de Naples Monseigneur Sepe,

Chers frères membres de la chère Communauté de Sant’Egidio,

Pères, Frères et Enfants bien-aimés de notre très Humble Personne,

Gardant à l’esprit les argumentations exposées par les illustres hôtes rassemblés ici et leur échange constructif d’opinions, ressentant le besoin et le désir d’un monde pacifique et sans violence, nous souhaitons conclure avec le témoignage de l’Eglise orthodoxe que nous représentons. Comment l’orthodoxie peut-elle contribuer à ce rêve universel ? Quel est son but ? Son but est de réaliser le divin à l’intérieur de l’homme. En d’autre termes, nous pouvons dire que c’est l’incarnation de Dieu dans l’homme et dans le monde.

Le monde contemporain, et plus particulièrement le monde européen, souffre à cause de l’éloignement de Dieu de la vie de l’homme. Plusieurs penseurs européens ont parlé et parlent d’une époque post-chrétienne.

Dans la civilisation européenne, on cherche désespérément à mettre l’homme, avec ses passions et ses limites, à la place du Christ Dieu-vrai Homme. On a parlé de la mort de Dieu. Mais, si Dieu est mort, le péché n’existe pas, parce que le péché présuppose l’existence de Dieu. Comme Dostoïevski l’a écrit : « Si Dieu n'existe pas, tout est permis ». Tout devient relatif, les valeurs suprêmes sont chassées ; ce sont malheureusement les valeurs relatives qui commencent à dominer. Et le relativisme finit par constituer un aspect moderne de l’humanisme européen. Tout est relatif et les valeurs sont relativisées par rapport à l’homme qui devient l’unique valeur.

L’orthodoxie proclame le retour au Christ Dieu-vrai Homme comme la solution à toutes les angoisses de l’humanité. En fait, l’orthodoxie est l’expression de la civilisation divino-humaine, et elle est diaconie envers l’homme, image du Christ. L’éducation à l’exemple divino-humain transfigure l’homme de l’intérieur et toute la création à travers lui. On atteint cela par les vertus évangéliques, la foi et l’amour, la prière et la douceur, la charité et l’humilité. Qui s’exerce à ces vertus participe à la construction de la civilisation orthodoxe.

L’orthodoxie donc ne favorise pas la violence, car on ne crée pas le royaume de Dieu par une imposition extérieure, mécanique et violente, mais par l’acceptation intérieure, libre et personnelle du Christ, par l’incessant exercice des vertus évangéliques, comme le Seigneur lui-même l’a dit : « La venue du Royaume de Dieu ne se laisse pas observer, et l’on ne dira pas : - Voici : il est ici ! ou bien : il est là ! – Car voici que le Royaume de Dieu est au milieu de vous » (Lc 17, 20-21).

Pourtant le monde orthodoxe, qui représente une petite fraction de la population mondiale, peut-il influencer le devenir de l’humanité ? Oui certainement ! Car l’orthodoxie n’a pas le souci d’une expansion géographique et quantitative de son œuvre. C’est une force intérieure, qui a des conséquences sur le monde extérieur. Sa force est sa spiritualité, qui trouve son fondement dans l’Évangile et dans la tradition spirituelle des grands Pères de l’Eglise universelle indivise. « Acquiers la paix intérieure et des milliers d’hommes trouveront le salut près de toi », disait un saint de l’Eglise orthodoxe. Ce renouveau intérieur, la transfiguration et le changement de l’homme est le don que l’orthodoxie peut offrir au monde contemporain.

Nous croyons que des échanges et des rencontres comme ceux-ci contribuent à la collaboration entre les peuples et à la croissance des relations de compréhension réciproque et d’amitié, dont le monde a tant besoin.

Pour conclure, nous désirons nous réjouir avec la Communauté de Sant’Egidio pour cette belle occasion qu’elle nous a donnée avec cette rencontre constructive et fructueuse. Nous sentons son amour particulier et les sentiments de respect que la Communauté de Sant’Egidio nourrit envers le Patriarcat Œcuménique. Ils ont créé des liens mutuels de collaboration et ont inspiré un effort commun pour un futur meilleur de notre planète.

Il ne faut, finalement, jamais oublier la grande et belle ville de Naples, qui nous a chaleureusement accueillis. Que Dieu la bénisse pour cet effort, de sorte ses conséquences soient toujours bénéfiques pour sa population.