VERS LE JOUR DU SEIGNEUR

Partager Sur

La semaine, qui culmine le dimanche (la Pâque de la semaine), rythme toute l’année, de l’Avent à la fête du Christ Roi. Depuis ses débuts la Communauté de Sant’Egidio a vécu l’évangile dans la ville : mais comment prier dans la ville sans se laisser prendre par ses rythmes convulsifs ? Comment rythmer les temps de prière ? De ces questions est née l’expérience présentée dans ce volume, c’est-à-dire une structure hebdomadaire de prière culminant le dimanche, tandis que les jours de la semaine sont rythmés par des mémoires fixes tendues vers le jour du Seigneur. Le dimanche devient ainsi le « sommet » de la semaine passée et la « source » de la semaine à venir ; la tradition d’Orient exhorte les croyants à « recevoir » le sacrement du frère – à travers la rencontre avec les pauvres, les faibles – après avoir contemplé le sacrement de l’autel.


Voilà pourquoi le lundi, en reprenant le chemin de la vie ordinaire, le visage du Seigneur prend les traits non plus du Ressuscité mais du pauvre, du faible, du malade, du souffrant. La prière du soir accueille donc la mémoire des pauvres, rencontrés au cours de la journée ou éloignés ; ce sont parfois des pays entiers qui souffrent. Tous sont présentés au Seigneur pour qu’il les console et les libère du mal.


Le mardi la prière commune est accompagnée par Marie, mère du Seigneur, pour que chacun apprenne d’elle, la première des croyants à « méditer dans son cœur » (cf. Lc 2,51) ce qu’elle a écouté et à remercier le Seigneur qui a tourné son visage vers les humbles.


Le mercredi, les Communautés de Sant’Egidio répandues à travers le monde prient les unes pour les autres et pour l’Eglise universelle. Toutes se recueillent dans la largeur, la profondeur et la joie de la communion que le Seigneur donne à ses enfants. La prière associe les saints du ciel, invoqués par leur nom, pour qu’ils accompagnent chaque Communauté sur les chemins du monde.


Le jeudi sont rappelées toutes les Eglises chrétiennes, d’Orient et d’Occident, pour que la communion grandisse entre les croyants en Christ et que la communication de l’évangile s’étende jusqu’aux confins de la terre. Le Seigneur, unique pasteur de son Eglise, donne à tous son amour passionné, duquel jaillit l’action pastorale et l’engagement de communiquer l’évangile.


Le vendredi est dédié à la mémoire de la croix du Seigneur, pour que chacun se souvienne d’où vient le salut et n’oublie pas jusqu’où est allé l’amour de Dieu pour les hommes. L’entrelacement des béatitudes évangéliques avec la narration de la passion pousse à contempler la richesse de la croix qui annonce à la fois la mort de l’égoïsme et la victoire de l’amour pour les autres.


Le samedi est le jour de la vigile et de l’attente de la résurrection du Seigneur. On chante devant la tombe de Lazare, mort, pour que soient défaites les bandelettes qui l’enveloppent. A travers lui se fait sentir le cri, la demande d’aide qui monte de toutes les régions du monde vers le Seigneur. Il est demandé à Dieu d’intervenir encore une fois pour enlever la pierre pesante qui opprime la vie de ses amis. La vie de tous, déliée des bandelettes du péché, est sauvée par la miséricorde de Dieu. Ainsi prend fin la semaine, qui ne se déroule plus de manière superficielle ou chaotique, mais commence et se termine le jour où le Christ a vaincu la mort et nous donne la résurrection : le dimanche.


Le dimanche, en effet, rassemble les jours passés et les oriente vers le dimanche éternel, le jour où le soleil ne se couche pas. Avec les anges, dès lors, les disciples reçoivent la grâce de chanter le Trisaghion, l’hymne qui clôt la Prière de la lumière.