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Sant’Egidio fête ses 49 ans avec le peuple de la Communauté

Une basilique Saint-Jean-de-Latran remplie de jeunes et de moins jeunes, de sans-abris et de réfugiés venus par les couloirs humanitaires. Marco Impagliazzo : « Nous croyons en une ville où la distinction entre eux et nous n’existe plus, mais où l’on peut construire ensemble une grande force de paix »

Rassemblement des Jeunes pour la Paix

Ose rêver, choisis la paix !

Liturgie pour le 49e anniversaire de la Communauté de Sant’Egidio

Basilique Saint-Jean-de-Latran, à 18h30

Lettre de Goma, au Congo : nous sommes devenus les porte-paroles des personnes âgées abandonnées dans la périphérie de la ville

Plus de 540 réfugiés syriens en sécurité avec les #couloirshumanitaires ! Merci à tous ceux qui ont permis de réaliser ce rêve !

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17 Novembre 2008 09:30 | Hilton Cyprus - Othello Hall

Serge Latouche



Serge Latouche


Université de Paris XI, France

Le tao de la décroissance

La voie, le Tao de Lao-Tseu, est plus et moins que l’éthique comme nous l’entendons en Occident. Le tao de la décroissance est un chemin à inventer avec l’aide d’un maître qui n’existe peut-être pas. Gandhi, Thoreau, Dewey, Tolstoi, Illich, Ellul, Castoriadis, Gorz ? Tous ont cheminé sur la voie de la voie. Mais tous ont dit que chacun doit trouver sa voie.

La voie de la décroissance est une ouverture, une invitation à trouver un autre monde possible. Cet autre monde, nous l’appelons la société de la décroissance. L’invitation vaut pour y vivre ici et maintenant et pas seulement dans un hypothétique futur que, tout souhaitable qu’il soit, nous ne connaîtrons sans doute jamais. Cet autre monde est donc aussi dans celui-ci. Il est aussi en nous. La voie est un autre regard sur ce monde-ci, un autre regard sur nous-même.

La voie de la décroissance est-elle la simplicité volontaire ?  Elle est aussi la simplicité volontaire, mais elle ne se résume pas à l’éthique de la sobriété. La voie de la décroissance est-elle la révolution économique et sociale ? Elle est aussi la révolution économique et sociale, mais elle ne se réduit pas à l’éthique de la résistance, de la révolte et de l’insoumission.

L’éthique de la décroissance articule discipline personnelle et engagement au monde. La décroissance est un art de vivre. Un art de vivre bien, en accord avec le monde. Un art de vivre avec art. L’objecteur de croissance est aussi un artiste. Quelqu’un pour qui la jouissance esthétique est une part importante de sa joie de vivre. L’éthique de la décroissance implique nécessairement une esthétique de la décroissance. Toutefois l’éthique de la décroissance ne se réduit pas à une esthétique.

Le retrait du monde et la seule recherche de la perfection de soi sont une forme de refus de l’être comme l’est l’engagement au monde sans souci de sa propre félicité. La militance pour elle-même est le reflet inversé de la guerre économique. Toutes deux sont un oubli de l’être. Au nom du progrès, ils détruisent la beauté du monde pour construire leur chimère. La fuite dans le futur, qu’il s’agisse de l’avenir radieux de l’utopie communiste ou de la rédemption dans une transhumanité, est un déni du présent et de l’humaine condition. La décroissance se présente comme un acquiescement à l'être et donc d'abord à l'être dans ce monde-ci et un témoignage de gratitude pour le don reçu de la beauté du cosmos. La voie de la décroissance n’est ni le refus ni l’acceptation du monde. Elle est et le refus et l’acceptation. Il convient de refuser le monde (l’immonde) de l’économie de croissance, et d'accepter la vie comme une joie, selon la formule de William Morris . La décroissance sera joyeuse ou ne sera pas.