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29 Septembre 2008

Le 3ème CONGRES INTERNATIONAL DES MINISTRES DE LA JUSTICE s’est tenu à Rome sur le thème « Du moratoire à l’abolition de la peine capitale »

 
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Le 3ème Congrès international NO JUSTICE WITHOUT LIFE organisé par la Communauté de Sant’Egidio s’est tenu le 29 septembre à Rome, au Palazzo Rospigliosi, sur le thème « Du moratoire à l’abolition de la peine capitale ».

Le congrès a vu la participation des ministres de la Justice et des représentants de 17 pays d’Afrique, d’Amérique Latine, d’Asie, en plus de l’Italie, du Saint-Siège et de l’Union européenne.

En ouverture du congrès, Mario Marazziti, porte-parole de la Communauté de Sant’Egidio, a rappelé l’engagement conjoint de la Communauté, de l’Union européenne et des gouvernements, qui a conduit à l’approbation de la résolution sur le moratoire des exécutions par l’Assemblée générale des Nations Unies, le 18 décembre 2007. « Le congrès de cette année, a expliqué Marazziti, se situe justement dans la perspective de la mise en place du moratoire et d’un engagement commun pour obtenir l’abolition complète de la peine capitale ».

Le message envoyé par le cardinal Renato Raffaele Martino, président du Conseil pontifical pour la justice et la paix, a ouvert les travaux : « La voix de l’Église a toujours été et sera toujours du côté de la vie - a dit le cardinal, réaffirmant -non seulement [ses] salutations chaleureuses, mais aussi [son] soutien convaincu et partie prenante d’une initiative qui, d’année en année, contribue à élargir le consensus international autour d’un grand choix de civilisation ».

Mgr. Agostino Marchetto, Secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, a lui aussi réaffirmé que l’Église porte un regard favorable à la mobilisation suscitée autour de l’abolition de la peine de mort. L’accélération de ce processus, a-t-il affirmé, « est encourageant. Et je pense de nouveau à l’Afrique, si chère à l’Église, à ses richesses et à ses contradictions, à son angoisse et à ses conquêtes. Je suis certain qu’il est de notre responsabilité commune de soutenir le mouvement abolitionniste : il doit et peut devenir une conquête ferme, au-delà de l’instabilité politique. Il doit et peut devenir une conquête permanente, en synergie avec d’autres acteurs de la scène internationale. Il s’agirait là d’un nouveau protagonisme africain ».

 Madame Stefania Craxi est intervenue au nom du gouvernement italien, soulignant combien, dans la perspective l’obtention du moratoire universel, l’engagement de Sant’Egidio est important afin d’élargir le débat sur la peine de mort au-delà des salles de débat politique et diplomatique et d’impliquer la société civile. Le maire Alemanno a apporté les salutations et le soutien de la ville de Rome ; il a également porté l’engagement à faire en sorte que, « dans cette génération », le mot fin soit mis à la question de la peine de mort. 

 L’Union européenne, qui a pris et qui prend une part très grande au soutien apporté à la campagne pour le moratoire et l’abolition de la peine capitale, était représentée par Friso Roskan Abbing, de la Commission Justice de l’U.E. 

« La tradition des droits humains est inscrite dans l’ADN de l’Europe » a rappelé le vice-président de la Cour constitutionnelle Giovanni Maria Flick, qui a proposé un intéressant panorama de l’évolution de la culture contre la peine de mort au cours de ces dernières décennies. En 1970, en effet, seuls 50 pays l’avaient abolie ou avaient renoncé à l’utiliser dans leur juridiction nationale, un chiffre qui s’élève aujourd’hui à 141 pays. Une tendance extrêmement encourageante pour ceux qui sont nombreux à s’engager dans cette « bataille de civilisation ».

  

Interventions et témoignages

Mabala Martin, Ministre de la Justice du Gabon, a rappelé comment son pays a pris l’engagement de soumettre la proposition de moratoire à l’Assemblée des Nations unies, précisément au cours du 2ème Congrès international « No Justice without life » qui s’est tenu à Rome l’année dernière. De nos jours, a-t-il ajouté, « l’abolition ne peut se réduire à une action législative. Il s’agit du début d’un long processus qui exige une organisation et une attention soutenue de la part des gouvernements et de tous ceux qui militent en faveur de la vie ».

Tamara Chikunova, fondatrice des « Mères contre la peine de mort », a rapporté son expérience de femme et de mère, qui, de la douleur immense causée par la condamnation à mort et l’exécution de son fils, a trouvé la force et le courage de lutter pour l’abolition de la peine de mort, obtenue dans son pays, l’Ouzbékistan, au début de cette année.    

  

Le président de la Commission pour les droits humains du Mexique, José Luis Soberanes, a retracé le parcours législatif accompli par son pays jusqu’à l’abolition complète de la peine de mort : « la discussion sur l’imposition de la peine de mort est un sujet qui aurait dû disparaître avec le 20ème siècle. Il est inconcevable que subsiste aujourd’hui l’idée que la peine de mort est un châtiment juste, un exemple pour la société ou bien un mécanisme de répression de la délinquance. Les pays qui appliquent la peine de mort n’ont pas surmonté l’obscurantisme, dans la mesure où ils considèrent la vengeance publique comme le seul remède pour « faire justice » quand, dans la réalité, elle ne diminue pas le taux élevé de criminalité qui continue au contraire d’augmenter ».  

Des Philippines nous est parvenu le témoignage d’Erin Tanada III, président de la Commission pour les droits humains de la Chambre des députés. Il a évoqué la manière dont les Philippines, après avoir déjà aboli une première fois la peine de mort, l’ont réintroduite dans la législation, pour l’abolir à nouveau 2006. « A ceux qui soutiennent la nécessité de l’introduire à nouveau nous faisons de notre mieux pour dire que la vie des victimes de crimes violents est une grande tragédie, que ces vies sont précieuses, et qu’elles ne pourront jamais être restituées. Mais les vies des condamnés à mort sont des vies pour lesquelles nous pouvons encore faire quelque chose ».  

Jaime Aguilar, de la Communauté de Sant’Egidio de San Salvador, a expliqué le phénomène des « maras », des bandes de jeunes pour la plupart pauvres, à peine plus qu’adolescents, initiés à la violence, qui vivent et pratiquent une « culture de mort ». « Comment la peine de mort pourrait-elle arrêter cette violence ? Le jeune des « maras » sait qu’il mourra bientôt, son mode de vie violent naît de cette conscience ; il vit en défiant la mort. […] On ne peut pas lutter contre la culture de mort des « maras » en infligeant une autre mort. […] Je crois que la véritable alternative est la construction d’une culture de vie, faite de dialogue, de paroles, de respect des droits, d’humanisation des prisons, et surtout d’attention portée aux enfants et aux adolescents avant que ceux-ci ne soient impliqués dans les « maras » : une nouvelle culture d’éducation à la paix, d’amour pour la vie, la sienne et cette des autres, peut prévenir la violence ».        

Madame Maria Benvinda Levi, Ministre de la Justice du Mozambique : « La particularité du Mozambique est que l’abolition de la peine de mort a été décidée pendant la guerre, et que, malgré cela, cette décision n’a pas créé d’instabilité ; au contraire, la paix a été obtenue peu de temps après, en1992, à travers le Traité général de Paix signé ici à Rome, et dans lequel la Communauté de Sant’Egidio a joué un rôle particulièrement important comme facilitateur de tout le processus de négociation ».   

 Après cette allocution se sont encore succédé les interventions des représentants du Kazakhstan et de l’Afrique du Sud.

Concluant la rencontre, Mario Marazziti a dit, en considérant le futur et le chemin qu’il reste à parcourir : « La peine de mort semble quelquefois naturelle. A l’encontre notamment de ceux qui recourent à l’extrême violence. La torture et l’esclavage semblaient eux aussi naturels. En Europe et en Amérique, on disait : sans l’esclavage, le monde ne peut résister, l’économique ne peut résister. Or il n’en était rien. Un pays sans peine de mort n’est pas moins sûr. Il est seulement moins aveugle. « Œil pour œil et le monde entier deviendra aveugle » disait avec sagesse le Mahatma Gandhi. ....De même que la torture et l’esclavage ont été mis hors-la-loi, ainsi en sera-t-il aussi pour la peine de mort, qui peut devenir un droit humain en plus, qui améliore et qui ne fait pas empirer ce monde ». Enfin, Marazziti a assuré aux représentants des pays présents au Congrès que « la Communauté de Sant’Egidio est et sera à [leurs] côtés pour faire en sorte que la peine de mort relève de l’histoire ».  


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