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10/12/2016
Prière de la Vigile

La prière chaque jour


 
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8 Septembre 2015 09:30 | Palais des congrès - Pallati i Kongreseve

Discours de Daniela Pompei



Daniela Pompei


Communauté de Sant'Egidio

Les migrants un défi global est le theme de ce panel. Un défi, certes, mais pas seulement pour nos système d´accueil inadaptés, ou pour donner suite à nos débats tatillons pour  revoir certaines procedures hyper bureaucratiques. Non. Le défi est plus vaste. Il s´agit du défi à nos valeurs fondamentales, à notre continent qui a vieilli précocement. Nous sommes confrontés à une question fondamentale? pouvons-nous dire oui ou non que nous sommes humains.

Il y a une ic?ne qui apparaît de manière dramatique et douloureuse dans notre réflexion d´aujourd´hui. C´est celle du petit enfant syrien, Aylan Kurdi, retrouvé mort sur une plage en Turquie.

Nous n´oublierons jamais plus cette image. Un enfant d´à peine trois ans qui avait pris une barque avec ses parents pour trouver du secours. Avec lui sont morts également son frère de 5 ans et leur mere. Une famille kurde de Kobane. Kobane est une des villes turques qui a résisté au terrorisme. Cette photo symbolise la tragédie humaine de cet exode de réfugiés. Elle symbolise aussi la coupable inertie des pays européens.

Aylan a connu seulement la guerre durant sa courte vie. Il est né avec la guerre. Il nous interroge, alors, non seulement à cause du drame lié à l´absence d´accueil, mais aussi à cause du drame d´une guerre absurde, longue, qui n´a pas requis l´attention ou les efforts adéquats pour y mettre un terme. Je pense aux appels répétés et isolés d´Andrea Riccardi en faveur de la paix à Allep.

A propos de la guerre syrienne, Riccardi a dit? ?il arrive quelque chose de terrible mais qui est ignoré où auquel on assiste de manière résignée ‹...›. Il faut un surcroît de responsabilité de la part des gouvernants. Il faut imposer la paix au nom de ceux qui souffrent?‹fin de la citation›. Il faut imposer la paix au nom de Aylan et de sa famille, au nom des 12 millions de réfugiés et de déplacés.

Nous avons besoin à présent d´une nouvelle vision pour l´Europe pour aller au? delà du dépaysement et de la peur de l´invasion. Il y a besoin d´une vision sur les migrations qui puise sa force à partir de l´Histoire, de la connaissance, de l´espèrance, de la foi et du rêve d´une vie meilleure pour tous.

La découverte surprenante de ces derniers jours est que l´Europe a un coeur?Les européns ont un coeur? Emotion, indignation, solidarité. Voici les attitudes qui sont en train d´émerger avec force, secouant une torpeur et une chappe de plomb qui semblait impénétrable. Même les gouvernements les plus timorés, les populistes les plus convaincus, les bureaucrates les plus froids, les mass medias les plus distraits ont dû revoir leur mode étroit et défensif de représenter la réalité de l´arrivée des réfugiés au coeur de l´Europe.

Les européens sont en train de démontrer qu´ils sont plus en avance de qui les gouverne ou de qui en donne une representation de peuples apeurés et en position defensive. Il s´agit d´une image obsolète qui ne correspond pas à la vérité.

Finalment, je me retrouve personnelement et profondément dans ces sentiments d´émotion et d´indignation. Ce n´est plus possible ? C´en est trop ? Les murs, les fils barbelés, le fichage avec les numéros sur la peau, les morts, les voyages inhumains, les gouvernants qui se défaussent de leurs responsabilités. C´en est trop? Il faut agir maintenant, il n´ y a plus de temps à perdre ?

La seconde icône de ces derniers jours qui symbolise le mieux l´Europe n´est pas, je le dis avec une pointe de tristesse, celle des sommets européens dans lesquels ces themes sont débatus et dans lesquels on s´oppose sur les quotas que l´on peut plus ou moins tollérer. L´image vraie, celle dans laquelle je me reconnais pleinement, est cette très belle photo apparue sur les réseaux sociaux, qui s´est diffusée tel un virus et qui a été reprise par tous les journaux européens.

Une femme, riche, grecque? et ce n´est pas un fait secondaire?, plus tellememt jeune mais belle, qui? après l´avoir sauvé du naufrage? embrasse un jeune réfugié syrien fuyant l´horreur de la guerre, épuisé après treize heures en mer. Il serait mort sans elle.

Une étreinte. La femme a raconté qu´elle avait decidé de revenir en arrière aprés l´avoir dépassé une première fois avec son embarcation. Elle est comme une mére, au sens le plus profond,  qui te fait naÎtre de nouveau à la vie.

Une étreinte. ?Une tension qui lentement cesse d´être tension pour devenir une rencontre, une étreinte dans laquelle se confond qui aide et qui est aidé?. Ces paroles sont celles du Pape François ?qui est le protagoniste? Tous les deux ou pour dire mieux l´étreinte elle? même?. Ce sont les paroles que le Pape nous a adressées durant sa visite à la Communauté de sant´Egidio en juin 2014, qui expliquent cette photo, nous font comprendre la profondeur de cette rencontre entre qui accueille et qui fuit. L´étreinte les transfigure tous les deux. Les fait vivre tous les deux.

L´Europe, et cela apparaÎt avec plus de clarté ces derniers jours, peut se retrouver elle? même dans cette étreinte. Elle retrouvera sa crédibilité, mais aussi son importance politique et historique si, avec conviction, elle utilise sa richesse et sa force pour accueillir celui qui entreprend un parcours positif d´intégration. Elle peut même retrouver sa jeunesse ?

La Communauté de Sant´Egidio, dans tous les lieux où elle est présente, a vécu et vit ces derniers mois une tension pour faire plus. ?Nous vous voulons du bien?, nous le disons, nous le répétons tant et tant de fois à ces trés jeunes réfugiés que nous rencontrons. Ils ont 12, 13 ans et ils émigrent tout seul, et ils affrontent des voyages impossibles, ils affrontent les risques de la mort une fois, deux fois, cent fois. Vingt pour cent des réfugiés qui arrivent sur nos côtes sont des mineurs non accompagnés. Cela signifie qu´ils sont petits et seuls. Parmi les Syriens, on rencontre tant de familles avec des enfants en bas ?ge et des personnes ?gés.

?Nous vous voulons du bien ?? Certains sourient, d´autres pleurent, d´autres commencent à jouer, à faire la fête comme des enfants, parce que beaucoup sont des enfants ? Et comme des enfants, ils ont besoin, je dirais même ils ont le droit, à la protection et à une étreinte maternelle pour retrouver le sourire.

En Sicile, nos communautés attendent dans les ports les arrivées des navires qui transportent une humanité qui souffre, ils accueillent les survivants et quelques fois malheureusememt aussi les morts.

A Milan, à la gare centrale, avec la communauté juive de la ville, a été installé un centre d´accueil au lieu précis de la mémoire de la déportation des juifs où l´on offre du repos et de quoi se restaurer à ceux qui continuent leur voyage.  

A Rome, depuis la fin juin, on prépare toutes les semaines le dÎner et on fait la fête dans l´espace reservé aux réfugiés de la gare Tiburtina. La même chose se produit de maniere différente en Allemagne, en Hongrie, et en Espagne. La course à la solidarité de personnes de toutes les générations est surprenante. Si nombreux sont ceux qui s´unissent à nous pour aider. C´est le cas aussi à Naples, Padou, Trévise. Cet étè, plus de 2000 jeunes du nord de l´Italie ont rejoint Rome pour demander à la Communauté de Sant´Egidio de pouvoir aider les plus pauvres, de parler avec les réfugiés. De la crise peut naître quelque chose de bon? une nouvelle Europe.

Le mur de la ?forteresse Europe? est en train de tomber. Chaque jour les murs de cette forteresse cèdent comme les murs de Jéricho sous la pression de la société civile. Le fait que de nouvelles ouvertures soient annoncées de la part de l´Allemagne, de l´Autriche, de la Pologne, de la Grande? Bretagne, de la France, de l´Islande aurait étè impensable il y a quelques jours seulement. 

Je voudrais maintenant avec beaucoup de plaisir dire quelques mots brefs sur l´Albanie, une terre très chère à la Communauté de Sant´Egidio, connue, aimée et visitée dans les années 80 bien avant la chute du régime communiste. L´épisode de la migration vers l´Italie, vue avec une distance de plus de 20 ans, est une histoire dont la fin a étè heureuse. Il s´agit d´une histoire à faire connaître. A notre table, nous avons un illustre et apprécié témoin de cette histoire. 

L´Italie, avec l´arrivée des albanais en 1991, se trouva pour la première fois dans la situation d´affronter, en quelques jours, un afflux massif de personnes  entassées dans des navires. En un peu plus d´un mois plus de 25 000 personnes arrivèrent. Je me rappelle très bien de ces jours qui prirent tout le monde par surprise, en particulier les institutions. Tous essayèrent de faire quelque chose, l´Etat, les militaires qui équipèrent des terrains, tout un chacun. De nombreux habitants des Pouilles firent preuve d´hospitalité  en ouvrant leurs maisons.

Au début, comme d´habitude, la réaction des italiens fut une reaction defensive. La perception de l´opinion publique n´était pas positive. Il a fallu du temps. Mais aujourd´hui les albanais constituent la seconde communauté en terme numérique de l´Italie, presque 500 000, ils sont bien intégrés et contribuent par leur travail au développement économique et social de l´Italie et beaucoup sont devenus citoyens italiens. L´Albanie est candidate pour devenir un membre à part entière de l´Union européenne, et il est souhaitable que sa candidature soit retenue le plus vite possible. Depuis à peine plus de 20 ans, on ne parle plus des albanais et de l´Albanie si ce n´est en termes positifs et de croissance. Il s´agit d´un exemple qui peut nous aider. Accueillir peut provoquer des problèmes mais à la fin, on ne se trompe jamais lorsque l´on accueille.

Cela, beaucoup de citoyens européens  l´ont compris. Je pense aux italiens, aux allemands, aux hongrois?  la liste s´allonge chaque jour? qui ces derniers mois non pas accepté de se laisser gagner par la peur et la logique du rejet, qui ont aidé comme ils le pouvaient, qui ont voulu connaître, qui se sont impliqués personnellement.

En conclusion? Que devons nous faire?

Avant toute chose je dirais que nous devons faire vite. Il n´y a plus de temps à perdre.

1. Reconnaître, tout de suite, la protection temporaire européenne aux syriens, aux irakiens et aux érytréens. Il existe déjà la directive européenne que seule une décision des pays adhérents de l´Union peut rendre effective. De cette manière, il est possible d´aller plus loin que la convention de Dublin. Il faut en outre faciliter et élargir le regroupement familial.

2. Organiser un système d´accueil élargi, plus diversifié et moins lourd, et prendre en compte également les initiatives qui viennent de la base, des citoyens et des organisations de la société civile, des paroisses. Nous avons entendu l´appel que le Pape François a lance dimanche dernier dans lequel il a demandé à toutes les paroisses européennes d´accueillir une famille de réfugiés.

3. Organiser des centres d´accueil dits ?de halte? qui auraient pour fonction de permettre une pause à ceux qui sont entrés en Europe et qui doivent rejoindre leurs familles ou qui doivent poursuivre leur voyage. Il faudrait que l´on puisse penser à équiper de petits centres comme cela existe dans certaines situations d´urgence tout le long du parcours des réfugiés. Il serait opportun de créer des villes refuges.

4. Introduire la sponsorisation pour les particuliers et les familles. Il s´agit d´une pratique déjà  mise en oeuvre avec succés depuis des années au Canada. Cette possibilité existait d´ailleurs en Italie puis fut supprimée par la legislation. L´avantage d´une telle solution est que le parcours d´accueil commemce déjà dans les pays de transit ou de provenance. C´est le moyen véritable pour contrecarrer les traficants d´êtres humains. Faciliter qui veut aider à aider. Dans cette perspective, la Communauté de Sant´Egidio, la Fédération des églises évangéliques en Italie et la Table valdoise ont déjà lancé à titre expérimental un projet autofinancé de sponsorisation qui, en autre, prévoit l´ouverture de bureaux au Maroc et au Liban. Grace à cet accueil de premier niveau, il devient possible de préparer les dossiers des réfugiés qui seront ensuite présentés aux ambassades de certains pays européens en vue de l´obtention du visa pour motif humanitaire, comme cela est déjà prévu par les réglements européens.

5. A moyen terme, il est nécessaire de revoir tout le système de l´asile et de l´immigration en Europe. L´Allemagne, suivi par l´Autriche, sont déjà allés plus loin que le système de Dublin grace à leur initiative. Favoriser l´initiative des Etats et dépasser et revoir la convention de Dublin.

6. Augmenter la coopération dans les pays de provenance des réfugiés.

7. Je le dits en une phrase mais il s´agit d´un engagement tout aussi important? s´engager dans les processus de pacification dans les pays en guerre. La paix est la réponse la plus efficace, la plus durable, la plus engageante qui, avec l´accueil, doit faire de l´Europe non plus un acteur insignifiant mais un véritable protagoniste.                                                                                    
 

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