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06/12/2016
Prière avec Marie, mère du Seigneur

La prière chaque jour


 
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19 Septembre 2016 09:30 | Teatro Metastasio

Intervention du Venance Konan



Venance Konan


Écrivain, rédacteur en chef de "Fraternité Matin", Côte-d'Ivoire

La fameuse sentence de l’agronome français René Dumont en 1962, « L’Afrique est mal partie », alors que ce continent goutait aux délices de son indépendance, aura-t-elle vécu ? À l’observation de que cette Afrique représente aujourd’hui, le continent de la résilience par excellence, et à la lueur du modèle présenté par des pays émergents asiatiques, l’on peut avancer  que le sous-développement économique du tiers monde n’est pas une donnée définitive. 

Si l’on s’en tient aux chiffres des institutions financières mondiales, sans fanfaronnade, nous pouvons voir l’émergence de l’Afrique poindre à l’horizon. Souvenons-nous qu’il y a une quinzaine d’années, un grand magazine économique britannique présentait l’Afrique comme le continent du désespoir. Aujourd’hui ils sont nombreux en voir en l’Afrique le nouveau continent où tous les espoirs sont désormais permis. Dans la plupart des pays africains, à la réserve de ce qui se passe dans les régions encore en proie à la guerre civile, au terrorisme aveugle de fanatiques d’un autre âge, ou aux conflits de positionnement de certains hommes politiques qui ne veulent, pour rien au monde, lâcher le pouvoir qui leur est tombé entre les mains, les espoirs d’un mieux-vivre ne sont pas les plus rares. Et cet embryon d’émergence se passe dans un contexte où le monde, devenu ce qu’il est convenu d’appeler « un village planétaire », vise à « l’intégration de plus en plus poussée des marchés, des biens, des services et des capitaux… ». (Rapport du Fonds monétaire international daté du 20 mai 1977). L’Afrique s’inscrit-elle dans cette dynamique ? Certainement oui, si l’on comprend la mondialisation comme étant : « …d’abord la présence du monde entier dans nos vies aussi bien dans les produits que nous utilisons que dans l’information que nous recevons… » ?  Aujourd’hui l’on trouve dans les endroits les plus reculés du continent, des produits américains tels que le Coca Cola ou le Jeans, des produits chinois tels que des motos ou des téléphones portables à deux puces, ou des produits russes tels que des Kalachnikov. Partout sur le continent, en plein désert ou dans le plus petit des hameaux, l’on trouve des cybercafés, des téléphones portables ou des antennes paraboliques qui permettent à tout le monde de se connecter à internet et sur le reste de la planète. Lentement sans doute, trop lentement peut-être, mais sûrement, l’Afrique est en train d’entrer dans la mondialisation. Mais quels sont les défis qu’elle aura à affronter dans un tel processus ? L’on pourrait parler des bouleversements que cette connexion au reste du monde fait subir aux cultures locales, mais nous ne nous y attarderons pas, parce que l’on pourrait dire que ces cultures africaines sont entrées dans la globalisation depuis les temps de la colonisation. Les villes africains où vivent la majorité de la population africaine sont pour la plupart occidentalisées, ou tout au moins vivent entre deux cultures : la locale et celle de l’Occident. L’Afrique, disons-le, a déjà un pied dans la mondialisation. Elle est en train d’y faire entrer le second pied, et dans ce processus, ses défis les plus importants nous paraissent être ceux de l’éducation, de la démocratie, du respect des droits de l’homme, de l’énergie, de l’environnement et de l’autosuffisance alimentaire. 
 
À l’heure des innovations technologiques, il nous semble que le défi de l’éducation est le plus prégnant. Si l’Afrique a été présentée comme le berceau de l’humanité, il faut relever qu’aujourd’hui, elle est le continent qui a le plus grand nombre de jeunes. Et malheureusement, cette jeunesse est en proie à des difficultés liées à sa formation. Le faible taux de scolarisation générale et plus particulièrement celui des filles par rapport aux garçons, le déficit de compétences pour l’emploi chez les jeunes et les nombreux abandons au cours des cursus scolaires, font que les ambitions d’innovation et de réussite de cette jeunesse sont annihilées. Certains pays africains cependant, à l’instar de la Côte d’Ivoire, ont rendu l’école obligatoire pour la tranche d’âge de 6 à 16 ans. On comprendra que l’amélioration  de la  quantité et de la qualité de l’éducation, par le renforcement des formations et la construction d’infrastructures, permettrait à l’Afrique d’avoir une population plus au fait des enjeux de la mondialisation et plus capables d’y jouer un autre rôle que de la simple figuration. La forte démographie du continent et la jeunesse de sa population peuvent être un atout ou une bombe à retardement selon que cette population est bien formée ou non. L’exemple de l’émergence de certains pays asiatiques, malgré ou grâce à une forte population, mais bien formée, est là pour attester de l’importance de la formation pour relever les défis de la mondialisation. Et dans les pays en proie à la guerre civile ou au terrorisme aveugle, ceux qui tiennent les kalachnikovs, qui égorgent ou se font exploser sur des marchés sont généralement ceux qui, faute de formation adéquate, n’ont pas pu s’insérer dans la société.
Le défi de l’éducation se comprend aussi à l’aune de l’importance de la question des droits de l’homme, de la démocratie et de la qualité des institutions. En effet, comment faire comprendre au citoyen africain, s’il n’est pas éduqué, que l’organisation ancestrale du pouvoir est devenue désuète et qu’aujourd’hui, le mode d’élection des gouvernants exige son engagement à travers le vote ? Comment adopter et mettre en application des lois interdisant par exemple les mariages précoces ou l’excision, ou comment sensibiliser sur certaines maladies telles que le VIH/Sida ou le virus Ebola, si ceux à qui ces actions s’adressent ne peuvent pas s’en approprier, du fait de leur manque d’instruction ? 
  
Souvent, le continent africain est mis à l’index pour son déficit de démocratie et le non-respect des droits de l’homme. Des modifications opportunistes de Constitutions à la veille de l’élection phare qu’est la présidentielle aux contestations des résultats des échéances électorales, en passant par l’embastillement des opposants, le spectre des causes des conflits socio-politiques est large. Bien évidemment, se trouve ici mis en exergue le problème de l’éthique en politique ainsi que de la morale et de la responsabilité sociale de la classe politique. Avec d’un côté les apparatchiks et caciques du parti au pouvoir, des bonzes qui voudraient rempiler ad vitam aeternam et ceux qui, lassés de faire le pied-de-grue dans l’antichambre du pouvoir, n’hésitent pas à chauffer à blanc le peuple pour imposer la loi de la rue ou plutôt les excès de la rue. Or, depuis la Déclaration universelle des droits de l’homme, la liberté du citoyen, le respect des droits de l'homme, et surtout de la femme, le respect de la liberté d’opinion et d’expression de celle-ci, ainsi que le principe de la tenue d'élections honnêtes et périodiques au suffrage universel sont des valeurs qui constituent des éléments essentiels de la démocratie, peu importe le continent ou le pays. Dans un contexte de lutte contre le terrorisme au Nigeria, au Mali, au Tchad, au Cameroun, au Niger, en Tunisie, en Libye, en Somalie…, l'érosion de l'État de droit et l’escalade des conflits armés (Burundi, Soudan du Sud, Lybie) mettent encore l’Afrique sous les feux de rampe. Et cela justement du fait de la mondialisation. Des périphrases du genre « la démocratie à la burundaise » ou « la démocratie à la zimbabwéenne »  ont du mal à prospérer dans ce monde globalisé.
Le réchauffement climatique a fait de la question de l’environnement une préoccupation mondiale. Et cette question est l’un des défis que le continent, désormais globalisé, devra relever. La lutte contre le changement climatique, pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre et pour l’augmentation de la part d’énergies renouvelables pourrait avoir un effet positif sur  la baisse de la déforestation et l’arrêt de la dégradation des forêts africaines. L’Afrique qui est le plus petit pollueur mondial est paradoxalement aussi le continent qui a le plus difficultés à faire face aux conséquences dramatiques de ce changement climatique. En témoignent les inondations récurrentes sur le continent lors des saisons pluvieuses, les sécheresses dont celle de la mi-2012, considérée comme « la pire sécheresse depuis 60 ans » a affaibli l’ensemble de l’Afrique de l’Est et privé de nourriture 12 millions de personnes en Éthiopie, au Kenya et en Somalie. L’écosystème et la pluviométrie ont énormément changé sur tout le continent et cela a eu des conséquences dramatiques sur les récoltes et la productivité du bétail, causant les  migrations en grand nombre des populations incapables de faire  face aux catastrophes.  Dans ce contexte, les rendements agricoles africains sont les plus bas, malgré des progrès en matière d’irrigation et d’adaptation des techniques paysannes. Le réchauffement climatique, ironiquement, prouve que les continents sont logés à la même enseigne sous la fureur des intempéries. C’est la mondialisation des effets pervers des gaz à effet de serre. Le climat nous conduit à un autre défi en Afrique face à la mondialisation, qui est celui de l’énergie et de l’alimentation. 
En tenant compte du nombre de personnes n’ayant pas accès à l'énergie (plus de 640 millions, soit 40% de personnes selon certains chiffres) sur le continent, on dirait, sans mauvais jeu de mots que l’Afrique noire, où le soleil brille pourtant de mille feux, est dans le noir. Selon les estimations, la consommation d'électricité par habitant en Afrique subsaharienne (Afrique du Sud exclue) est de 180 kWh, contre 13 000 kWh par habitant aux États-Unis et 6500 kWh en Europe. Est-il besoin de dire que dans les domaines de la santé, de l’industrie, de l’éducation, ou de la vie tout simplement, l’énergie est essentielle ? L'accès à l'électricité est un facteur de réduction de la pauvreté et des disparités entre le milieu urbain et les villages. L’énergie solaire comme source d’énergie propre et gratuite pourrait être une alternative pour des lieux isolés qui tardent à être raccordés aux réseaux nationaux d’électricité. L’énergie est aussi ce qui nous permet en Afrique, comme ailleurs, d’être en contact avec les autres qui partagent l’humanité avec nous. 
De nombreux pays africains sont à vocation agricole et aujourd'hui encore les chiffres avancés annoncent plus de 80% de la population africaine exerçant dans l'agriculture. Mais là aussi l’autosuffisance alimentaire est un défi à relever, car l’Afrique est le continent où la faim sévit le plus. Alors, l’Afrique en pleine croissance démographique peut-elle apaiser sa propre faim, mieux, être le grenier du monde au regard de ses terres arables? Dans certains pays africains, les cultures de rente comme l’hévéa, le café, le cacao, le coton, etc., se sont développées au détriment des cultures vivrières, créant une situation où le continent exporte des produits soumis à la spéculation et où il importe des produits de première nécessité comme le riz, le lait, les protéines, etc. L’une des conséquences de ce phénomène a été la destruction rapide des ressources forestières par le défrichement et la surexploitation des terres aux fins de production de ces produits destinés à l’exportation. Une autre conséquence de cette situation est la détérioration des systèmes de transhumance du bétail, provoquée par l’utilisation pour la culture des superficies de plus en plus étendues de terres autrefois réservées au pâturage de saison sèche.
Comme on peut donc le constater, les défis de l’Afrique, moignon dans le bouquet de la mondialisation sont nombreux. Mais les challenges n’enlèvent en rien au continent le fait qu’il est aujourd’hui perçu comme le continent de l’avenir à qui tous les ‘’grands’’ de ce monde font une cour assidue. « L’Afrique, notre avenir » avaient écrit en 2013 les sénateurs français Jeanny Lorgeoux et Jean-Marie Bockel, légitimant leur ouvrage ainsi: « Ce rapport est né d’une interrogation : d’abord sur l’évolution de l’Afrique, hier présentée comme un continent perdu, aujourd’hui louée comme le prochain continent émergent, ensuite sur la présence de la France dans ce continent hier ignoré, aujourd’hui convoité ».
La prolifération des Sommets, France-Afrique, Chine-Afrique, Inde-Afrique, Japon-Afrique, UE/Afrique, Afrique-Monde arabe, Etats-Unis-Afrique, Turquie-Afrique, Brésil-Afrique, Amérique du Sud-Afrique…et la liste n’est pas exhaustive, est une preuve supplémentaire de ce que dans le concert des continents que nous appelons mondialisation, l’Afrique a sa partition à jouer. Certes, sous les zooms des appareils photos et des caméras du monde, elle ne  fait encore les gros titres que quand son « train n’arrive pas à l’heure », ou lorsqu’une grosse catastrophe la frappe, mais le continent est de plus en plus attrayant. Et il le deviendra encore plus lorsque les Africains comprendront que leur continent n’est pas maudit, que leur pauvreté n’est pas une fatalité, et lorsqu’ils commenceront à ensemencer leur terre, non plus avec leur sang, mais avec leur sueur.
 
Je vous remercie.
 

#peaceispossible #thirstforpeace
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